Avec Joyeux Joyaux, Jean-Charles de Castelbajac transforme la façade de Mellerio en manifeste artistique où l’histoire se lit à ciel ouvert.

Joyeux Joyaux, une installation de Jean-Charles de Castelbajac
Pendant quelques semaines, rue de la Paix, les pierres ne racontent plus seules leur histoire.
Sur la façade de Mellerio apparaît une vaste composition imaginée par Jean-Charles de Castelbajac. Comme un rideau levé sur plusieurs siècles de création, l’installation recouvre l’édifice d’un récit peuplé de femmes, de couleurs et de références historiques. Le geste est simple dans son principe : faire sortir l’histoire de la maison de joaillerie de ses vitrines pour l’inscrire dans l’espace urbain.
Cette intervention constitue le point de rencontre entre deux univers qui partagent une même liberté de ton. D’un côté, Mellerio, maison fondée au début du XVIIe siècle et dépositaire d’un patrimoine exceptionnel. De l’autre, Jean-Charles de Castelbajac, dont le travail a toujours accordé une place particulière aux signes, aux symboles et à la puissance évocatrice de la couleur.
Ensemble, ils imaginent une galerie de portraits féminins qui traverse les générations. Les héroïnes choisies ne sont pas présentées comme des figures figées dans les livres d’histoire mais comme des présences encore vivantes. Leurs silhouettes dialoguent avec les bijoux, les motifs et les références qui ont accompagné l’évolution de Mellerio au fil des siècles.
L’œuvre joue sur les contrastes. L’ancien rencontre le contemporain, l’intime rejoint le monumental, tandis que la rue devient un lieu d’exposition à part entière. Cette approche traduit également la volonté de Laure-Isabelle Mellerio d’ouvrir davantage le dialogue entre la maison et la ville, entre la joaillerie et les autres formes d’expression artistique.
Au-delà de l’installation elle-même, « Joyeux Joyaux » interroge la manière dont une maison patrimoniale peut raconter son histoire aujourd’hui. Non pas en reproduisant le passé, mais en l’interprétant. Non pas en conservant la mémoire sous verre, mais en la projetant dans l’espace public.
Sous le regard de Jean-Charles de Castelbajac, les figures historiques quittent ainsi les archives pour retrouver une présence. Les couleurs deviennent un langage, les bijoux des signes, et la façade de la rue de la Paix un territoire où quatre siècles d’histoire continuent de s’écrire au présent.







