Plus qu’une collection, Mythica déploie un récit initiatique où la joaillerie accompagne une femme en mouvement, entre intuition, conquête et révélation.

MESMERISME MYTHICA
LOUIS VUITTON
© Nicolas Kantor
Il existe, dans la nouvelle collection Mythica de LOUIS VUITTON, une manière singulière d’organiser la joaillerie comme un récit spatial. Rien n’y semble pensé comme une simple succession de parures. Chaque pièce agit plutôt comme une architecture mobile, conçue autour du corps et de son mouvement.
Depuis plusieurs saisons, la Maison affine un langage où les signes historiques le « V », la corde, le Damier, la Fleur de Monogram, quittent leur statut identitaire pour devenir des principes de construction. Mythica pousse cette logique plus loin encore. Les lignes s’allongent, les torsades s’ouvrent, les volumes se déploient dans des équilibres complexes où l’or semble tantôt gravé dans la pierre, tantôt suspendu dans l’air.
Le thème Conquest donne immédiatement le ton. Les flèches y traversent les colliers comme des axes de tension. Les rubis du Mozambique, choisis pour leurs nuances franches, ponctuent la composition avec une rigueur presque architecturale. L’onyx introduit des zones d’ombre qui renforcent la géométrie de l’ensemble. Rien n’est décoratif : chaque contraste produit une direction visuelle.
Cette recherche formelle atteint une dimension particulière dans Fortitude. Le zircon bleu de plus de 82 carats devient le centre gravitationnel d’un collier où la corde et le Damier se répondent dans un jeu de sertis neige et de carrés diamantés. Les franges articulées du second collier évoquent davantage la haute couture que la joaillerie traditionnelle. On y retrouve cette idée chère à LOUIS VUITTON : le bijou comme extension du geste.
Certaines des plus belles pièces de la collection résident pourtant dans ses moments de retenue. Whisper construit un vocabulaire presque aérien autour d’un saphir birman suspendu sous un diamant LV Monogram Star. Les courbes asymétriques du collier rappellent la fluidité d’un dessin à l’encre. La virtuosité technique demeure, mais elle s’efface derrière une sensation de légèreté.
Ailleurs, Sirius développe un paysage minéral entièrement composé de nuances bleues. Tanzanites, tourmalines, aigues-marines et saphirs s’assemblent comme une mosaïque céleste. Le revers des pièces révèle un travail inattendu : de minuscules fleurs Monogram pavées de pierres colorées, dissimulées sous chaque gemme principale. Un détail presque invisible, pensé pour celui ou celle qui regarde de près.
La collection atteint son point de tension maximal avec Fortune et Victory. Le premier multiplie les volumes et les dégradés chromatiques autour de diamants jaunes et de perles gold aux proportions inhabituelles. Le second réunit des diamants de couleur couvrant l’ensemble du spectre, dans une composition qui évoque moins le bijou traditionnel qu’un phénomène lumineux.
Mais au-delà des pierres remarquables et des heures d’atelier, Mythica raconte surtout une certaine idée de la féminité contemporaine. Non plus une figure figée dans l’apparat, mais une présence en mouvement, capable d’alterner puissance graphique et fragilité assumée. Chez LOUIS VUITTON, le mythe ne regarde pas vers le passé : il devient une manière de se projeter dans l’avenir.





