Certaines expositions s’abordent comme on ouvre un coffre de famille. Avec précaution, puis avec gourmandise. Pour la septième capsule de son programme The Collectibles, Jaeger-LeCoultre quitte pour la première fois le cadre feutré de la vente en ligne. La Maison installe ses trésors à Hong Kong, au premier étage de The Chater House, dans le quartier de Central. Entrée libre, du mardi au samedi, jusqu’au 19 octobre.

© Jaeger-LeCoultre
The Collectibles, ou l’art de rendre une montre à son histoire
Derrière ce nom se cache un programme interne de recherche, de restauration et de remise en circulation de garde-temps rares, produits entre le milieu des années 1920 et le début des années 1970. Dix maîtres horlogers, réunis dans un atelier intégré à la Manufacture, révisent les mouvements, refaçonnent à la main les composants disparus et fouillent les archives pour retrouver les pièces d’origine. Leur règle tient en une nuance : conserver le caractère et la patine que le temps a déposés sur chaque boîtier.
Le résultat se transmet comme un témoin. Chaque montre est certifiée, accompagnée d’un extrait d’archives et d’un exemplaire de l’ouvrage The Collectibles. Son nouveau propriétaire devient, selon la formule de la Maison, le gardien d’un récit commencé dans la Vallée de Joux.


Quatre chapitres pour feuilleter le XXe siècle
Le parcours de l’exposition se lit comme un livre en quatre parties. Seize pièces y dialoguent : huit montres emblématiques du milieu du siècle dernier, face à huit de leurs descendantes contemporaines.
Duoplan. Brevetée en 1925, son architecture sur deux niveaux loge l’échappement sur un plan, le barillet sur un autre. Elle trouve son aboutissement en 1929 avec le Calibre 101.
Reverso. Née en 1931 pour protéger le cadran des chocs du polo, la boîte à bascule s’est muée en terrain de jeu Art déco, entre laques colorées et gravures sur le revers.
Memovox. Dès 1950, elle glisse une sonnerie mécanique dans une montre-bracelet, signature sonore de la Maison.
Précision. De la Triple Calendar de 1942 à la Geophysic, ce dernier chapitre raconte la quête d’exactitude qui a occupé les ateliers pendant des décennies.
Pour ajouter du mouvement à la contemplation, un horloger de la Manufacture-Atelier exécutera en direct le bleuissage à la main et le polissage des pivots. Deux tables rondes, conduites avec Matthieu Sauret, directeur Produits et Héritage, convieront aussi experts internationaux et spécialistes locaux à parler horlogerie et restauration.

© Jaeger-LeCoultre

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Dix pièces à adopter
La capsule mise en vente, sur jaeger-lecoultre.com. jusqu’au 19 octobre, et à la boutique de Hong Kong pendant l’exposition, compose un portrait de famille aux traits variés.
Côté joaillerie, la Duoplan Chain de 1955 déroule des maillons d’or rose polis. Plus de 70 grammes de métal autour du Calibre 403, avec des aiguilles bleuies à chaud. Sa cousine de 1949, la Duoplan Tubogas, joue la carte de la montre secrète. Un couvercle cannelé en or rose, aux lignes verticales, masque le cadran à volonté sur un boîtier en or jaune. La Duoplan monocorne (vers 1935) s’attache par une seule corne de chaque côté. Détail rare qui lui donne une silhouette de bijou. Autour de 1950, la Calibre 101 Art déco associe platine, panneaux bleus et vingt-deux diamants, dont dix taille baguette sur le boîtier.
Du côté des Reverso, la Cordonnet de 1931 habille d’acier un mouvement Tavannes et rappelle que la collection a parlé aux femmes dès ses débuts. Les Platinum Number 1 (2001) et Number 2 (2003), chacune limitée à 500 exemplaires. Elles exhibent leurs entrailles sous saphir : ponts gravés à la main pour l’une, tourbillon au revers pour l’autre.
Les amateurs de mécanique trouveront leur bonheur dans la Triple Calendar de 1949. Dont les disques des jours et des mois sont libellés en portugais pour une clientèle lusophone. Dans la Futurematic E502 de 1958, dite « Porthole » pour ses deux guichets. Et dans la Memovox Parking de la même année, qui programme son alarme à 30, 60, 90 ou 120 minutes pour déjouer les contraventions.
Calibre 101 Chain : quand la joaillerie prend la main
La surprise de la semaine se trouve dans une vitrine voisine. La Calibre 101 Chain, dévoilée en avant-première mondiale. Descendante directe de la Duoplan Chain de 1955, et l’exposition permet de les observer côte à côte.
Le dessin ici n’a pas suivi l’ordre habituel de la Maison. Les créateurs ont d’abord pensé le bracelet, le sertissage et les ornements, comme le ferait un joaillier. La boîte et le mouvement n’ont été intégrés qu’à la fin. Plus de trois cents heures de recherche et de développement ont été nécessaires pour y parvenir.
Le jonc en or rose 750/1000 naît d’un moule recréé pour chaque exemplaire. Trente-six cavités y sont creusées, puis remplies à la seringue d’HyCeram® liquide. Une céramique composite d’un noir profond, que l’on polit jusqu’à l’affleurement parfait. Un maître sertisseur de l’atelier des Métiers Rares™ incruste ensuite à la main 158 diamants taille brillant. Soit environ 2,73 carats, en rayures diagonales alternant éclat blanc et miroir noir.
Au cœur de ce bijou bat le Calibre 101. 14 mm de long, un gramme sur la balance, 98 composants dans sa cinquième génération. Quarante heures d’assemblage sont nécessaires pour une production de quelques dizaines de pièces par an. La tête de montre, au cadran laqué noir et à la lunette sertie, ne mesure que 18,60 mm sur 5,98 mm. Elle offre 33 heures de réserve de marche (référence Q2842270).
Informations pratiques
Exposition The Collectibles : Jusqu’au 19 octobre, 1/F, The Chater House, Central, Hong Kong.
Ouverture de 11 h à 19 h du mardi au samedi, de 11 h à 18 h les jours fériés. Entrée libre ; visite guidée sur réservation via le site de la Maison.