Il pèse plus de neuf carats et porte une teinte que l’on croirait empruntée à l’aube. Le Diamant rose, connu sous le nom de « Grand Condé », figure depuis le XVIIIe siècle dans les collections des princes de Condé. En octobre 1926, un cambriolage l’a soustrait au château. Il a été retrouvé peu après, caché … dans une pomme. Cet automne, il revient sous les vitrines de Chantilly, dans une exposition conçue avec L’École des Arts Joailliers et soutenue par Van Cleef & Arpels.

© L’École des Arts Joailliers, Benjamin Chelly

© L’École des Arts Joailliers, Benjamin Chelly
1740 : la première trace du Diamant rose
Les gemmes célèbres attirent les légendes, et leur véritable histoire reste souvent dans l’ombre. Pour celle-ci, des archives inédites ont permis de remonter jusqu’en 1740. La pierre apparaît alors dans l’inventaire après décès de Louis Henri de Bourbon, prince de Condé. Elle compte parmi les joyaux majeurs du trésor condéen.
La suite tient de la chronique familiale. La reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles destine le diamant à son petit-fils, Louis d’Orléans, fils aîné du duc d’Aumale. Le prince meurt trop tôt. La pierre rejoint son père, Henri d’Orléans, qui la lègue à l’Institut de France avec l’ensemble du musée Condé. Elle repose depuis à Chantilly, conformément à la volonté du duc d’Aumale : conserver les collections sur place et les ouvrir au public.
Octobre 1926 : un vol, une enquête, une pomme
Le cambriolage de 1926 ajoute au diamant une aura de mystère. La pierre réapparaît quelques semaines plus tard, dissimulée dans un fruit. Le dernier volet du parcours revient sur cette affaire : la disparition, l’enquête, la découverte, puis la restitution au musée. Photographies anciennes, coupures de presse et documents d’enquête en retracent le fil.

Copyright Jérôme Houyvet
Les analyses gemmologiques : comprendre la couleur
Le second axe de l’exposition prend place du côté du laboratoire. Le musée Condé et L’École des Arts Joailliers ont mené un projet de recherche interdisciplinaire. Initiative sans précédent pour un diamant de cette importance. Les analyses ont été dirigées par Emmanuel Fritsch, professeur émérite de physique et gemmologue à l’université de Nantes. Également avec Aurélien Delaunay et Annabelle Herreweghe, directeur et directrice adjointe du Laboratoire Français de Gemmologie.
Leurs conclusions établissent que la couleur du diamant résulte de caractéristiques physiques rarement observées. Ces résultats précisent les propriétés de la pierre. Complètent le dossier des diamants historiques français et suggèrent de nouvelles lectures de l’histoire des gemmes. Le parcours montre aussi les outils de cette enquête. L’observation au microscope, la modélisation des facettes du pavillon au profilomètre automatisé, dispositifs de médiation.


Portrait de la reine Marie-Amélie , vers 1835. Restauration permise grâce au généreux soutien de The Kendall Fund,
créé en l’honneur de Dona S. et Dwight M. Kendall par le Dr Susan E. Kendall
© RMN-Grand Palais, Gérard Blot Copyright RMN-Grand Palais- Gérard Blot

Un parcours entre joaillerie princière et laboratoire
Le visiteur passe des fastes d’une collection princière aux coulisses d’une investigation scientifique. Le commissariat associe deux regards. Celui de Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine et directeur du musée Condé. Et celui de Marie-Laure Cassius-Duranton, historienne d’art et gemmologue à L’École des Arts Joailliers. L’exposition bénéficie du soutien de GRoW Annenberg Foundation et des Friends of the Domaine de Chantilly.
Questions fréquentes :
Où voir le Diamant rose ?
Au château de Chantilly. Dans le cabinet des gemmes et la galerie de Psyché, du 17 octobre 2026 au 3 janvier 2027.
Qu’est-ce que le Grand Condé ?
C’est le nom sous lequel on connaît le Diamant rose. Une pierre de plus de neuf carats attestés dans les collections des princes de Condé depuis le XVIIIe siècle.
Que s’est-il passé en 1926 ?
Le diamant a été dérobé lors d’un cambriolage en octobre 1926. Puis retrouvé quelques semaines plus tard, dissimulé dans une pomme.
L’exposition est-elle comprise dans le billet d’entrée ?
Oui, elle est incluse dans le billet 1 jour horodaté du château.
Qui a étudié le diamant ?
Une équipe réunissant Emmanuel Fritsch, Aurélien Delaunay et Annabelle Herreweghe. En lien avec le musée Condé et L’École des Arts Joailliers.