Aux origines : les îles Kujūku, berceau de la perle Akoya
Avant d’être une signature joaillière, TASAKI est un nom de famille et un lieu. La culture perlière de la Maison naît en 1933 à Nagasaki, au cœur des îles Kujūku, les « Quatre-Vingt-Dix-Neuf îles ». Ce chapelet d’îlots abrite des eaux calmes, où l’huître Akoya donne naissance à l’un des phénomènes naturels les plus rares qui soient. La Maison, elle, voit le jour en 1954.
Depuis, TASAKI reste fidèle à une philosophie singulière : elle suit la perle de la ferme jusqu’à la finition. Presque aucune machine n’intervient. Il y a des techniques traditionnelles, des mains, de la patience, et un respect presque sacré pour l’eau et ses saisons.
Une perle met deux à trois ans à naître
Le temps est ici la première matière précieuse. Il faut deux à trois ans pour qu’une perle se forme, au fil des marées, des alternances de lumière et d’ombre, des variations de température. À Kyūshū, les perliculteurs apprennent à reconnaître, d’un coup d’œil, quand une huître Akoya se porte bien. Ils affinent d’année en année les conditions dans lesquelles elle aura les meilleures chances de devenir ce qu’elle est censée être. Leur savoir est de l’ordre de l’intuition collective, transmis et perfectionné sans relâche.


Kobe, le regard pour seul instrument
Une fois récoltées, les perles gagnent les ateliers de Kobe, où les artisans ne jugent qu’à la lumière du jour. De préférence celle du nord, plus constante que celle du sud, jugée trop capricieuse. Ils y cherchent l’éclat, l’intensité du lustre, la forme. Rien d’autre qu’un œil exercé, forgé par des années d’expérience.
Les métiers se relaient ensuite jusqu’à la dernière paire de mains, qui enfile les perles, réalise le nœud et remet un bijou prêt à rejoindre son futur propriétaire. C’est le chapitre intermédiaire entre ce que crée la nature et ce que la Maison en fait.
Le « TASAKI blue » : la couleur de la mer de Nagasaki
Le japonais classique n’avait pas de mot spécifique pour le vert : tout relevait du terme 青 (ao), « bleu ». D’où l’extraordinaire palette de nuances que recèle la langue. Le « TASAKI blue » est le plus vert de ce spectre, celui des eaux qui bordent les 99 îles de Nagasaki, où la Maison cultive des perles depuis près d’un siècle. C’est la couleur identitaire de TASAKI, qui irrigue ses images et son imaginaire.



Le mitate, ou l’art de la méprise volontaire
La campagne qui accompagne cette identité s’inspire du mitate. Une notion japonaise qui consiste à emprunter un objet pour lui faire jouer un rôle qui ne lui a jamais appartenu. Avec assez de conviction pour que le regard oublie de se demander ce qui est réel. La soie n’est pas forcément de la soie, une ondulation peut très bien faire l’affaire. TASAKI laisse ici la perle jouer deux rôles : celui d’elle-même, et celui de quelque chose de complètement différent.
Laque, verre Edo Kiriko, washi : la perle en dialogue
Une perle Akoya n’a pas de couleur propre. Ce que l’on perçoit, c’est la lumière qui traverse ses couches de nacre et revient jusqu’à l’œil. Un blanc doux, un éclat argenté, une pointe de rose. Pour la révéler pleinement, TASAKI l’associe à d’autres matières choisies pour leur texture, leur translucidité, leur profondeur : la laque, le verre Edo Kiriko, le papier washi. Chacune capte la lumière à sa façon et révèle ce qui se cache en dessous. C’est aussi un hommage à la vitalité de l’artisanat japonais, où des techniques séculaires continuent de façonner la beauté à la main.
Deux arts de l’eau : Eriko Horiki et le washi
Ce dialogue se prolonge dans toutes les boutiques TASAKI avec les œuvres en washi d’Eriko Horiki. Comme la culture des perles, la fabrication du washi repose sur la pureté de l’eau, sur de nombreuses mains travaillant en rythme et sur une sensibilité aux moindres variations de température. Il n’existe pas deux pièces tout à fait identiques. Dans ces deux savoir-faire, l’artisan sait quand intervenir, quand attendre et quand laisser la nature, ou le hasard, comme l’appelle Horiki-san, prendre le relais.

© Tasaki
Regarder en arrière pour avancer
La Maison puise également dans ses archives. En les revisitant, TASAKI redécouvre ses racines graphiques et avant-gardistes. Des formes, des images et des idées qui semblaient autrefois en avance sur leur temps et que l’on regarde aujourd’hui d’un œil neuf. Le passé devient matière pour le présent.
Shodai Tasaki, la transmission en héritage
Cette continuité a un visage, celui de Shodai Tasaki. Neveu du fondateur, il a passé une grande partie de son enfance au bord de ces eaux. Il faut savoir qu’il dirige aujourd’hui l’ensemble de l’exploitation perlière. À travers lui, c’est une certaine idée de la transmission qui se dessine. Prendre soin de gemmes vivantes, de génération en génération. Car une perle, rappelle la Maison, ne gagne en puissance que lorsqu’elle est portée, puis transmise. La perle n’y est ni un cliché de la tradition ni un simple accessoire.
C’est un don lumineux que la mer a créé.