Haute Joaillerie 2026, une fin janvier entre l’art du murmure et de l’éclat.

Dior 2026
© Esprit Joaillerie
Fin janvier 2026, Paris a retrouvé ce silence particulier qui accompagne les grands moments de la Haute Joaillerie. Loin de l’agitation spectaculaire de la mode, les salons feutrés de la place Vendôme et des adresses confidentielles ont accueilli collectionneurs, esthètes et fidèles des grandes Maisons. Ici, le temps semble s’étirer. On observe, on écoute, on touche du regard. La Haute Joaillerie ne se montre pas, elle se confie.
Chez Dior, Victoire de Castellane a poursuivi son univers singulier avec Belle Dior, une collection où la couleur devient émotion. Un ensemble résolument solaire a marqué les esprits. Boucheron a offert l’un des moments les plus immersifs de la semaine avec Histoire de Style Nom : Boucheron, Prénom : Frédéric, présenté au 26 place Vendôme. En retraçant la vision du fondateur à travers quatre chapitres, la Maison a su conjuguer mémoire et création contemporaine. L’audace de Claire Choisne s’y affirme pleinement, notamment avec The Silhouette, bijou multiposé d’une grande intelligence formelle, pensé pour suivre le corps et se transformer au gré des envies.
La transmission et la réinterprétation des symboles ont également traversé les collections. À quelques pas de là, Chaumet, avec Envol, a revisité le motif de l’aile, fidèle à son héritage tout en l’inscrivant dans une écriture épurée et actuelle. Anna Hu Haute Joaillerie a célébré la flore, thème fondateur de la Maison, à travers de nouvelles créations inspirées de l’orchidée et des jardins du Palais Impérial, dans une joaillerie d’une grande finesse poétique. Plus narrative, Lydia Courteille a convié à un voyage onirique avec White Paradise, où pierres précieuses et légendes arctiques se mêlent dans un univers hors du temps.
La couleur, quant à elle, s’est imposée comme un langage à part entière. Repossi a poursuivi l’exploration de Blast avec un nouveau chapitre vibrant, où l’or se pare de nuances orangées ou bleutées. David Morris, avec Legacy of Colour, a célébré la rareté et le caractère des gemmes d’exception, tandis que Graff a révélé une parure spectaculaire autour d’un saphir non chauffé, entouré d’une constellation de diamants.
Pomellato s’est inspiré de l’architecture milanaise avec Scala di Luce, et la Maison Messika a multiplié les récits, du désert namibien aux paysages d’Afrique australe, dans des parures à l’identité affirmée. Enfin, Mellerio a rappelé, avec ses créations talismaniques, que la Haute Joaillerie reste aussi un art du symbole et de l’intime.
Moment fort de la semaine, De Beers London a inauguré son nouveau flagship rue de la Paix en dévoilant Vibrations, une collection inspirée par l’eau et ses métamorphoses, écho au parcours naturel du diamant. .
Cette semaine de janvier aura confirmé une évidence : dans le silence feutré des salons parisiens, la Haute Joaillerie continue de faire rêver non par l’excès, mais par la justesse du geste, la profondeur du récit et cette émotion rare qui naît lorsque la matière devient mémoire.
