Il suffit de quelques kilomètres pour changer d’époque.

À Monte-Carlo, les façades Belle Époque côtoient les lignes tendues de l’architecture contemporaine, les voitures de collection croisent les monoplaces, tandis que la Méditerranée demeure, imperturbable, au pied du Rocher. Sur ce territoire minuscule, tout semble concentré : l’histoire, la vitesse, les arts, les fortunes, les récits de famille et les silhouettes venues du monde entier.
Avec Monte Carlo, les Éditions Assouline ne cherchent pas seulement à dresser le portrait d’une destination. L’ouvrage explore une géographie singulière, où l’espace réduit n’a jamais empêché l’imaginaire de prendre de l’ampleur.
La Principauté s’est construite par strates. Le Palais princier, dont les origines remontent au XIIe siècle, veille sur une ville en mouvement. Plus bas, le monument baroque du Musée océanographique dialogue avec les volumes contemporains du Yacht Club. Entre ces deux visions, le Nouveau Musée National ouvre la scène aux artistes de notre temps. Ici, les siècles ne se succèdent pas, ils cohabitent.
Monte-Carlo possède aussi ses mythes. Grace Kelly y a inscrit une part de son destin. Frank Sinatra, Rudolf Noureev, Roger Moore, Ringo Starr ou Björn Borg ont contribué à façonner l’album d’une ville où les célébrités semblent parfois n’être que des personnages parmi d’autres. Aujourd’hui, Charles Leclerc en incarne une génération nouvelle, liée à la course autant qu’à ce territoire devenu l’un des théâtres les plus reconnaissables du sport automobile.
Mais Monaco ne se résume pas à ses images de carte postale. Derrière les super-yachts et les tables renommées, il existe une culture du rendez-vous. Le Grand Prix transforme les rues en circuit. Les Ballets de Monte-Carlo prolongent une tradition chorégraphique attentive à la création. Le Casino, l’Hôtel de Paris et le Monte-Carlo Beach racontent, chacun à leur manière, une certaine idée de l’hospitalité, façonnée au fil des décennies. Illustré de photographies contemporaines et d’images issues des archives du Palais princier, Monte Carlo compose un récit visuel où l’intime rejoint le spectaculaire. La préface du prince Albert II apporte un regard personnel sur cet héritage, dont la transmission demeure au cœur de l’identité monégasque.
Installée à Monaco depuis 2010, l’auteure et journaliste Ségolène Cazenave Manara connaît les deux visages de la Principauté : celui que l’on observe depuis les tribunes et celui qui se découvre dans la continuité des jours. Après avoir travaillé pour Glamour, Première, Libération puis comme directrice artistique à France Télévisions, elle signe un ouvrage nourri par cette proximité. Au fil des pages, Monte-Carlo apparaît alors comme une ville de contrastes, mais aussi de permanence. Un promontoire de trois kilomètres où le passé garde sa place, où l’architecture invente de nouvelles lignes d’horizon et où la Méditerranée rappelle, à chaque regard, que tout commence par un paysage.
Monte Carlo est une invitation à regarder autrement un territoire souvent photographié, rarement observé dans toute la complexité de ses histoires.
Photo mise en avant : Le hors-bord Saurer-Lürssen file devant la façade de l’Opéra de Monte-Carlo, en 1912.
Assouline / Photos Jacques Enrietti © Archives Monte-Carlo S.B.M






