Il suffit d’un éclat de quartz dans la paume, d’une émeraude brute dressée sur sa gangue, pour que le regard se fige. Les minéraux ont cette faculté rare : celle de ressembler à des œuvres avant même qu’une main les ait touchés. Prismes d’une régularité presque architecturale, grappes aux contours indociles, nuances que la palette d’un peintre peinerait à restituer… Chacun garde la trace d’une histoire géologique que l’œil, seul, ne suffit pas à lire.

C’est cette double lecture, esthétique et scientifique, que propose Minéraux et gemmes d’exception, à paraître en librairie le 15 octobre 2026 aux éditions DBS.
Le volume compte 256 pages et se présente comme un voyage visuel. Cent vingt double-pages illustrées y déroulent la diversité des formes minérales et cristallines, que l’on regarde ici comme on feuillette un catalogue de musée.
Des profondeurs de la Terre aux confins du Système solaire
Certains de ces spécimens ont mûri à des kilomètres sous nos pieds. D’autres ont accompli, selon les termes de l’éditeur, d’improbables voyages à travers le Système solaire avant d’atterrir parmi nous. Le livre rassemble ces origines contrastées et les met en regard. Inclusions minérales piégées dans la pierre, micro-minéraux qu’il faut apprivoiser à la loupe, cristaux géants qui occupent l’espace comme des sculptures.
Cette diversité d’échelles constitue l’un des fils conducteurs de l’ouvrage. Du détail microscopique au bloc monumental, l’attention se déplace, et avec elle la manière de regarder.
Du minéral à la gemme : la frontière des bijoux
Le propos ne s’arrête pas au cabinet du géologue. Il franchit la porte de la joaillerie. Le livre accueille des bijoux d’exception et des joyaux de la Couronne. Rappelant qu’une gemme n’est qu’un minéral que l’homme a choisi de tailler, de sertir, de transmettre. Pour qui s’intéresse aux pierres précieuses, ce passage de la nature à l’ornement est le cœur du sujet. Comprendre ce qui rend une émeraude, un saphir ou un diamant désirable commence par savoir comment ils se forment.

© Minéraux et Gemmes d’Exception
Trois regards de spécialistes
La force de l’ouvrage tient aussi à son trio d’auteurs, dont les parcours se complètent.
Hélène Bureau, directrice de recherche au CNRS, travaille à l’Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie de Sorbonne Université.
Éloïse Gaillou dirige et conserve le musée de Minéralogie de l’École des Mines de Paris (Mines Paris – PSL). Géologue de formation et enseignante-chercheuse, elle consacre ses travaux à l’étude spectroscopique et géochimique des gemmes, diamants, opales, saphirs et émeraudes en tête.
Gilles Chazot, professeur à l’université de Brest (laboratoire Géo-Océan), étudie le manteau source des basaltes. Ses recherches actuelles portent sur le volcanisme est-africain et sur les arcs insulaires du Pacifique.
Chercheuse, conservatrice, volcanologue : trois angles de vue pour un même territoire, qui garantissent à la fois la rigueur du texte et la justesse des images.
Pour qui, et pourquoi maintenant
Curieux de sciences de la Terre, collectionneurs, amateurs de joaillerie, lecteurs sensibles à la photographie de nature. Le livre s’adresse à ceux qui aiment qu’un savoir se laisse contempler. Cet ouvrage offre un accès généreux à un univers que l’on ne croise d’ordinaire qu’en vitrine. Qu’on le feuillette par curiosité ou qu’on l’étudie en connaisseur, il trouvera sa place dans la bibliothèque de tous ceux que la matière minérale intrigue.