Faisceaux de BOUCHERON, une création Carte Blanche entre dans la collection permanente du Victoria and Albert Museum

Broche Faisceaux
© BOUCHERON
Un bloc de cristal, un motif serti dissimulé en son cœur, une surface capable de fragmenter le spectre lumineux : « Faisceaux » ne se laisse pas appréhender d’un seul regard. Conçue par la Maison BOUCHERON pour sa collection Carte Blanche « Holographique » (2021), la broche rejoint aujourd’hui la collection permanente du Victoria and Albert Museumà Londres.
Le point de départ est un bloc de cristal de roche. La matière est creusée avec précision afin d’y loger un motif inspiré de l’esthétique Jack, intégralement pavé de diamants. Le regard traverse la transparence et découvre un cœur scintillant, comme suspendu. Ce jeu d’intériorité transforme la broche en volume optique : l’effet loupe du cristal modifie la perception des proportions et brouille les repères.
À cette architecture interne s’ajoute une intervention technique singulière. Une fine pellicule de poudres métalliques est projetée à haute température sur la surface. Le procédé crée un film holographique capable de décomposer le spectre lumineux. Selon l’angle, la pièce passe du rose à des nuances iridescentes, sans jamais figer la couleur. La broche ne reflète pas seulement la lumière, elle la redistribue.
Ce travail s’inscrit dans l’esprit des collections Carte Blanche, initiées en 2020 comme laboratoire d’idées aux côtés des collections « Histoire de Style ». Claire Choisne et son studio y interrogent la notion de valeur, déplacée du poids des gemmes vers l’expérience visuelle et émotionnelle. « Holographique » explorait précisément cette relation entre matière et perception.
Au sein du Victoria and Albert Museum, « Faisceaux » rejoint des œuvres BOUCHERON datant de 1875 aux années 1960 : bijoux émaillés, objets précieux, montres sculpturales. Le dialogue est discret mais réel. Là où les pièces anciennes témoignent d’une virtuosité décorative et technique, la broche contemporaine introduit une dimension optique, presque scientifique.
L’institution londonienne, dédiée aux arts appliqués et au design, accueille ainsi une création qui brouille les frontières entre bijou et dispositif lumineux. Une manière de rappeler que le patrimoine ne se limite pas à la conservation du passé : il se construit aussi à partir des recherches d’aujourd’hui.
