Le diamantaire de la place Vendôme ouvre les coulisses de sa filière à quatre fondatrices de marques. Un parcours de six mois, de Paris à Surat.
Le diamant naît loin des vitrines. Avant de rejoindre un solitaire ou une rivière, il passe par des mains, des ateliers, des frontières. Un cheminement que beaucoup de créateurs de bijoux connaissent mal. Rubel & Ménasché, diamantaire parisien fondé en 1956 et partenaire historique des Maisons de la place Vendôme, a dévoilé le 22 mai dernier le programme « R&M Femmes Entrepreneures ». Pensé pour accompagner une nouvelle génération de créatrices dirigeantes.
J’ai eu la chance d’être invitée à rencontrer ces entrepreneuses. Quatre énergies différentes, quatre visions de la joaillerie, et un même désir d’en écrire autrement l’avenir.

De Paris à Surat, la chaîne du diamant en version intégrale
Comprendre une pierre commence par connaître son origine : le programme en fait son point de départ. De février à juillet 2026, les participantes ont alterné ateliers, masterclasses, voyages et séances de mentorat, à Paris, à Anvers, puis dans les manufactures de taille de Surat, en Inde.
Intégré au Dali Group, Rubel & Ménasché maîtrise la filière du diamant naturel du brut à la pierre taillée. La Maison en ouvre ainsi les rouages : sourcing, taille, contrôle qualité, logistique, conformité, cadre réglementaire. Elle présente l’initiative comme une première dans l’écosystème du diamant naturel.
Cinq étapes, de l’origine à la prise de parole
Le parcours suit une progression presque narrative : immersion et traçabilité, puis expertise et savoir-faire autour de la taille et de la haute joaillerie. Vient ensuite le temps d’entreprendre et de structurer sa marque (production, finances, réglementation). De nourrir sa créativité auprès d’experts des tendances et de la RSE, enfin de présenter ses projets et d’ouvrir de nouvelles perspectives.

© Esprit Joaillerie

© Esprit Joaillerie

© Esprit Joaillerie
Quatre fondatrices, quatre univers
La première promotion réunit Capucine Huguet CAPUCINE H., Claudia Riendeau TRACIA, Constance Abadie ARRAROA et Lola Oladunjoye LOLA FENHIRST. Toutes partagent le souhait de défendre une joaillerie consciente et transparente.
Une conviction avant d’être une vitrine
Pour Amélie Noble, directrice générale depuis mars 2025, l’égalité professionnelle relève de la conviction plus que de l’obligation. La Maison compte 69 % de femmes parmi ses équipes et cinq femmes dans son Comité de Direction de huit membres. Elle admet que, dans la filière, le chemin reste long, surtout pour les postes à responsabilités. Chaque année, trois ou quatre créatrices pourront suivre le parcours, soutenu par l’UFBJOP, Francéclat, le Dali Group, BNP Paribas et Ethiwork.
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Transmettre pour éclairer
Le communiqué décrit un secteur « culturellement discret ». La formule est juste. La joaillerie aime le secret d’atelier, et la chaîne du diamant reste peu documentée hors du cercle des professionnels. En invitant des créatrices à en suivre chaque maillon, Rubel & Ménasché fait de la transmission un levier de transparence. Pour une jeune marque, cette connaissance de terrain guide concrètement le choix d’une pierre, d’un fournisseur ou du récit à porter auprès de la clientèle.
Les collections, les collaborations et les idées nées de ce parcours ne tarderont pas à se montrer. Si cette première édition en donne la mesure, le programme a de belles années devant lui, et la joaillerie, de nouvelles voix à écouter.