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par Charlotte Wannebroucq · Expert gemmologue agréé CNE

Wièse

WIÈSE, L’HISTOIRE COMME LANGAGE JOAILLIER

Né à Berlin en 1818, Jules Wièse arrive à Paris et travaille dès 1839 dans l’atelier de François-Désiré Froment-Meurice, dont il devient l’un des principaux collaborateurs. En 1844, il crée son propre poinçon et ouvre son atelier, tout en poursuivant certaines collaborations avec Froment-Meurice. Sa participation à l’Exposition universelle de 1855 marque la reconnaissance de son travail, profondément imprégné des références néo-gothiques et néo-Renaissance.

Chez Wièse, le bijou devient un terrain d’interprétation de l’histoire de l’art. Or, argent, émail, relief et ciselurecomposent des pièces où apparaissent figures, médaillons, feuillages et motifs inspirés de la Renaissance ou du Moyen Âge. Un bracelet conservé au Petit Palais témoigne de cette démarche : ses personnages en relief évoquent notamment les bustes sculptés par Ghiberti pour les portes du baptistère de Florence.

Après la disparition de Jules Wièse en 1890, son fils Louis Wièse reprend la direction de la maison et poursuit ce goût pour les bijoux émaillés et les références historiques. Conservées aujourd’hui dans plusieurs collections publiques, leurs créations témoignent d’un moment où la joaillerie française puise dans le passé pour inventer un langage nouveau, à la rencontre de l’orfèvrerie, de la sculpture et de l’histoire de l’art.

Bague Wièse diama nt et or
Bague Wièse diamant et or jaune © LES ENLUMINURES