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Véritable objet d’art, l’épée d’académicien est un bijou sur mesure, personnel et symbolique. L’épée porte les symboles représentant la vie et l’oeuvre du futur académicien. Offerte par ses amis réunis dans un comité de l’Épée, elle peut être une arme ancienne, une épée de cour ou une réalisation de joaillier qui sera remise lors d’une cérémonie privée.
Célèbre institution, l’Académie française a été fondée en 1635 par le Cardinal de Richelieu pour défendre et perfectionner la langue française. Composée de quarante membres elle rassemble des personnalités de la vie culturelle.

© Institut de France

© Institut de France

Esprit joaillerie vous propose d’apprécier quelques épées d’académiciens réalisées par de célèbres joailliers ou artisans d’art.

Le joaillier Cartier a toujours défendu l’art en ayant une vision avant-gardiste, précurseur dans de nombreux domaines, il séduit Jean Cocteau qui lui confie la réalisation de son épée.

Épée de Jean Cocteau © Cartier

Épée de Jean Cocteau
© Cartier

Réalisée en 1955 par le joaillier Cartier, l’épée de Jean cocteau, est sertie d’émeraude, rubis, diamant, ivoire, onyx, émail, or et argent. La lame est en acier.
Le profil d’Orphée dont le mythe hanta le poète forme la branche, sa lyre en ivoire ornée d’une émeraude et de deux rubis somme le pommeau. Une étoffe d’or enroulée autour de la fusée, à la manière d’une draperie sur la colonne d’un théâtre antique, évoque la tragédie. Sur le bouton du fourreau figure la signature du poète : ses initiales accompagnées du signe en étoile qu’il y joignait toujours. Ce signe se retrouve sur la garde, sous la forme d’une étoile à six branches, chacune terminée par un rubis et au centre de laquelle est placé un diamant. L’étoile se détache sur un disque d’ivoire tandis que la garde elle-même prend la forme d’un fusain évoquant son œuvre graphique. Sur le fourreau, un motif inspiré des grilles du Jardin du Palais-Royal rappelle l’endroit où habitait Jean Cocteau, tandis qu’à l’embout une main fermée sur une boule en ivoire, évoque la pierre enrobée de neige des Enfants Terribles.
La lame offerte par des amis espagnols provient d’une armurerie de Tolède.
L’émeraude de 2,84 carats a été offerte par Coco Chanel, les autres pierres précieuses par Francine Weisweiller.

Dessin de l'Épée de Jean Cocteau © Cartier

Dessin de l’Épée de Jean Cocteau
© Cartier

Épée de Jean Cocteau © Cartier

Épée de Jean Cocteau
© Cartier

La Maison Mellerio dit Mellers a également réalisé des épées d’académiciens. En voici deux parmi leurs nombreuses réalisations, celle de Monsieur Jacques Bainville datant de 1936 et celle de Monsieur Gérard Le Fur en 2002.

Épée de Monsieur Bainville 1936 © Mellerio

Épée de Monsieur Bainville
1936
© Mellerio

L’épée de Jacques Bainville reprend l’un de ses thèmes favoris, Minerve ailée comme une victoire, thème dominant des oeuvres de l’auteur, maintes fois repris sur la couverture de ses ouvrages : Histoire de France, Jaco et Lori, Napoléon, la Tasse de Saxe…
Minerve est ici appuyée sur une lance symbolique dont le fer est formé d’une fleur de lys en brillants. La sérénité l’habite, malgré les assauts de deux chimères symbolisant les ennemis de la vérité, de l’ordre, de la sagesse.
Sur la coquille, posées sur deux plumes enlacées, se détachent les initiales de l’auteur. Enfin sur la lame, figure l’inscription
« offert par les étudiants français le 7 novembre 1935 ».

Épée de Monsieur Gérard Le Fur 2002 © Mellerio

Épée de Monsieur Gérard Le Fur
2002
© Mellerio

Gérard Le Fur est docteur en pharmacie depuis 1973.  Il a étudié le rôle des neurotransmetteurs cérébraux et s’est spécialisé dans la mise au point et le développement de médicaments du système nerveux central. Gérard Le Fur a fait de nombreuses découvertes qui ont eu des applications thérapeutiques dans différents domaines.
Certaines d’entre elles sont représentées sur son épée: un tissage de vermeil, sur lequel sont incrustés des diamants et des cabochons de pierres précieuses (saphirs, rubis et émeraudes), dessine la molécule «Rimonabant », une découverte majeure.

L’artiste joaillier Jean Vendome a réalisé également des épées d’académiciens, comme celle de Lucien Israel, Maurice Schumann, Julien Green ou encore Roger Caillois.
Jean Vendome garde le souvenir « de grands hommes par leurs cultures, leur savoir, ce qu’ils ont pu réaliser pour l’humain. En même temps, ce sont des hommes simples à l’écoute de tous.
C’est ce qui fait leur valeur pour moi. »

Remise de l'épée d'académicien à Roger Caillois dans les salons des éditions Gallimard à Paris en décembre 1971 Monsieur Roger Caillois et Jean Vendome, henry-jean Schubnel, Monsieur Marcel Arland, Monsieur Miguel-Angel Asturias © Jean Vendome

Remise de l’épée d’académicien à Roger Caillois dans les salons des éditions Gallimard à Paris en décembre 1971.
Monsieur Roger Caillois et le Joaillier Jean Vendome, Monsieur Henry-Jean Schubnel, Monsieur Marcel Arland, Monsieur Miguel-Angel Asturias, Monsieur Andres Arcos et l’apprenti joaillier Joël.
© Jean Vendome

Épée de Monsieur Roger Caillois © Musée des Confluences

Épée de Monsieur Roger Caillois 
© Musée des Confluences

Épée de Monsieur Roger Caillois © Musée des Confluences

Épée de Monsieur Roger Caillois
© Musée des Confluences

Les cinq symboles souhaités par Roger Caillois sont tous représentés par des pierres pour rappeler que l’Académicien était grand amateur et collectionneur de minéraux : la Croix du Sud sur le pommeau ; la pieuvre (l’animal le plus intelligent du monde, au dire de l’Académicien) sur la garde ; la Tchécoslovaquie par la moldavite de Bohème formant le pommeau pour rappeler le pays de son épouse, Aléna ; le Brésil par le bloc de tourmaline constituant la poignée ; l’espace avec la moldavite de la collection personnelle de Roger Caillois et qui représentait, à ses yeux, « une pierre de l’espace tombée sur la terre ».

Pour la Maison Arthus Bertrand, réaliser une épée d’académicien est un symbole de prestige, réaliser une pièce unique d’art, c’est exprimer son savoir-faire. L’une des dernières épées réalisées est celle de Monsieur Pierre Laurens. « Comme à chaque fois, la conception commence par plusieurs longs entretiens avec le récipiendaire au cours desquels nous cherchons à savoir tout ce qui a compté dans sa vie et sa carrière ».
Plus de quatre mois de concertations, d’ajustements et de fabrication auront été nécessaire à cette réalisation.

Atelier Arthus Bertrand pendant la réalisation de l'épée de Monsieur Pierre Laurens © Arthus Bertrand

Atelier Arthus Bertrand pendant la réalisation de l’épée de Monsieur Pierre Laurens
© Arthus Bertrand

Pommeau de l'épée sertie d'ambre inclus d'un insecte. © Arthus Bertrand

Pommeau de l’épée sertie d’ambre inclus d’un insecte.
© Arthus Bertrand

Épée de Monsieur Pierre Laurens © Arthus Bertrand

Épée de Monsieur Pierre Laurens
© Arthus Bertrand

Chez Stéphanie Porsain et Florent Tremolosa, créateurs joaillier d’Origine Ateliers c’est un « bijou sur mesure »qu’ils ont réalisé pour Madame Dominique Bona. Elle ne souhaitait pas une épée ostentatoire mais cet objet hautement symbolique devait être simple et féminin.

« Je ne souhaitais pas que mon épée porte des symboles, confie l’académicienne. Florent a eu l’idée de jouer simplement sur le chiffre huit, qui représente l’infini. Il est aussi très féminin, car tout en rondeur. Et je suis la huitième femme, élue à l’Académie française. »

Épée de Madame Dominique Bona © Origine Ateliers

Épée de Madame Dominique Bona
© Origine Ateliers

La garde prend donc la forme d’un huit, dans la tradition des épées les plus anciennes et redoutables, une lame damassée est choisie. La poignée est habillée de galuchat gris, le pommeau serti d’un quartz rose étoilé à six branches et terminé par une discrète ligne de diamants autour de la poignée.

Épée de Madame Dominique Bona © Origine Ateliers

Épée de Madame Dominique Bona
© Origine Ateliers

En 1992, Brigitte Péry et son frère Didier ont réalisé une épée d’immortel, celle de Pierre Cardin, premier couturier reçu à l’Académie des beaux-arts.

Brigitte Péry, Pierre Cardin, Didier Péry. 1992.
© Brigitte Péry

L’Académie des beaux-arts est l’une des cinq compagnies de l’Institut, créée en 1795  (Les autres sont l’Académie française, l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, l’Académie des Sciences et l’Académie des Sciences morales et politiques), elle a pour vocation de favoriser la création d’oeuvres d’art, le pluralisme des expressions et la défense et l’illustration du patrimoine artistique.

Epée de Pierre Cardin réalisé en 1992 par l’Atelier Péry.

L’épée entrelace le chas de l’aiguille, la bobine de fil et un dé d’or blanc rhodié et or fin 24 cts. On y distingue également le « M » de Maxim’s , un masque vénitien (ville natale de Pierre Cardin) et une jupe en peau d’autruche verte. La double lame de l’épée est en forme de ciseaux. L’Atelier l’a réalisé en 500 heures de travail, elle pèse 1,5 kg.

Pour clore cette découverte, quelques mots de Michel Renonciat, Restaurateur du Patrimoine et des Musées Nationaux, expert en armes anciennes et spécialiste des épées.

ÉPÉES ACADÉMICIENS

Comment devient-on expert en armes anciennes ?

Je suis collectionneur et fils de collectionneur, le regard s’aiguise.
Tout passe par le regard, puis vient l’expérience.
Les armes anciennes sont des oeuvres d’art, j’ai eu la chance de voir des pièces exceptionnelles, datant de Napoléon. C’est émouvant de retrouver le culte de l’Empire, l’histoire de France.
C’est aussi la possibilité de rencontrer de grande famille les Napoléon ou la famille princière de Monaco, Albert Ier était un grand collectionneur d’objets de l’Empire. Cela permet d’approfondir et d’échanger ses connaissances, bien connaitre l’histoire pour retrouver ses symboles.

ÉPÉES ACADÉMICIENS

Que représente l’épée à vos yeux ?

Une oeuvre d’art ! C’est un objet qui peut raconter beaucoup de choses.

ÉPÉES ACADÉMICIENS
Il y a sa symbolique l’épée de cour, militaire, l’épée d’officier…
L’Épée d’académicien c’est le reflet d’une vie.
Chaque partie de l’épée est pensée. Le futur académicien choisit ses symboles, pierres et parfois une citation.

Épée de Monsieur Alain Finkielkraut © Michel Renonciat

Épée de Monsieur Alain Finkielkraut
© Michel Renonciat

Par exemple une des dernières épées que j’ai réalisé, celle de Monsieur Alain Finkielkraut qui a été reçu à l’Académie Française au mois de janvier dernier, porte trois symboles :
Une citation de Charles Péguy « La République une et indivisible, c’est notre royaume de France »
un Aleph qui est la première lettre de l’alphabet hébraïque.
Une tête de vache en tant que douce nourricière des enfants de France.

Épée de Monsieur Valleron © Michel Renonciat

Épée de Monsieur Valleron
© Michel Renonciat

Je pense aussi à l’épée d’Alain-Jacques Valleron qui est très forte en symbolique que j’ai réalisé avec Jean-Louis Faure. Cet épidémiologiste a choisi des symboles plus complexes.
La garde est un pied de proportion pour les statistiques, la fusée en aiguilles de porc épic va en rapport avec le crâne et le coeur, car l’étude est faite sur les maladies animales transmissibles à l’homme et mortelles, dessous l’emblème de l’école polytechnique d’où il sort, et le dollar or américain car Monsieur Valleron enseigne aux États Unis.

J’ai eu la chance de réaliser un certain nombre d’épées, une soixantaine, et à chaque fois de rencontrer des femmes et des hommes d’exceptions.

© Le Point

© Le Point

Quelle fantastique aventure que la réalisation de cet article pour Esprit Joaillerie, que de rencontres passionnantes :

Mes très chaleureux remerciements aux
Maisons Cartier et Mellerio dit Mellers.

Une pensée toute particulière au
Créateur Joaillier Jean Vendome.

Monsieur Gil Piette, Directeur Général de la Maison Arthus Bertrand.

Stéphanie Porsain et Florent Tremolosa, Origine Ateliers.

Mme Claude-Marie Durix secrétaire des commissions littéraires à l’Académie Française qui a guidé mes pas dans l’histoire des épées d’académiciens.

Enfin un grand merci à l’expert en armes anciennes
Monsieur Michel Renonciat pour cette rencontre autour de son
savoir-faire, sa passion et son expertise des armes anciennes.

 

 

 Cet été, la principauté de Monaco sera particulièrement brillante.
A partir du 12 juillet, Chaumet présentera une exposition au Grimaldi Forum « Chaumet en Majesté. Joyaux de Souverains depuis 1780 ».


Après Pékin en 2017 et Tokyo en 2018, Chaumet met le cap sur la plus mythique des principautés et dévoile des pièces rares dont certaines sont exposées pour la première fois au public.

Rassemblant quelques 250 créations joaillières, œuvres d’art et pièces historiques d’exception, le parcours de l’exposition invitera à la redécouverte de l’histoire d’un bijou culte, le diadème, symbole de souveraineté devenu celui de la féminité rayonnante.

Portrait d’Edwina, comtesse Mountbatten de Birmanie, dernière vice-reine des Indes, portant son diadème Chaumet pour le couronnement de George VI Photographie de Yevonde, 1937.
© Madame Yevonde/Mary Evans Picture Library

Diadème Chaumet
porté par Edwina, comtesse Mountbatten de Birmanie, vice-reine des Indes, pour le couronnement de George VI

D’abord emblème de pouvoir assumé par Napoléon et magnifié par Joséphine, première inspiratrice de Chaumet, il s’impose comme la pièce maîtresse de la corbeille de mariage et le véritable couronnement de l’amour, se transmettant et se transformant ensuite de génération en génération, au gré des modes et des tendances.

Diadème feuilles de lauriers, diamants et platine Joseph Chaumet, 1920. Collection privée.

L’exposition mettra en lumière le dialogue permanent entre la joaillerie et les arts, faisant du diadème un accessoire sans cesse réinventé. Accompagnant l’évolution de la silhouette féminine, il signe une apparition et raconte l’art de vivre d’une époque.

Chaumet Place Vendôme n°12,
étude préparatoire pour une publicité : diadèmes et bandeaux portés « à la Joséphine » Fusain, gouache et encre de Chine, 1920.
Collection Chaumet Paris.

Chaumet en Majesté. Joyaux de Souverains depuis 1780

A partir du 12 juillet au 28 août 2019

Grimaldi Forum
10 avenue Princesse Grace
98000 Monaco

 

C’est sous la nef du Grand Palais qu’a eu lieu le Salon International du Livre Rare et de l’Objet d’Art. Ce rendez-vous mondial dans le domaine du patrimoine écrit est aussi le seul salon qui réunit des experts en objets d’art dans 40 spécialités, de l’archéologie à l’art contemporain en passant par les bijoux, l’art tribal, les armes anciennes ou encore la mode.

Depuis 2017, il a été rejoint par la CNES, Chambre Nationale des Experts Spécialisés, offrant ainsi une manifestation regroupant l’expertise française à son plus haut niveau.
A l’origine de la découverte de l’objet, l’expert. Il communique sa passion, la rigueur de la garantie et la sauvegarde du patrimoine.
Ils nous ont présenté lors de ce salon des livres et objets rares.

Les Enluminures
Livre des Heures
vers 1420.

Bague de cour en or sertie d’un pavage de lignes alternées de chrysoberyls et de topazes impériales. Christophe Barbe.

Bague en platine sertie d’un saphir travail francais des années 1930. Genevieve Baume.

Bague Art Deco circa 1930 ornee de diamants taille ancienne 5 carats sur platine. Geoffray Riondet.

Valérie Levesque
Japon Epoque Edo XVII

Garants de l’intelligence et de la sensibilité humaine à travers les siècles, les livres rares et objets d’art ont attiré de nombreux visiteurs.

Esprit Joaillerie et la Maison Miller visitent les années 40. Fortement marquées par la seconde guerre mondiale, les artistes et créateurs ont essayé de continuer à créer, malgré tout, de chaque coté de l’Atlantique.
C’est cet esprit créatif, résistant, que nous allons mettre en valeur dans cet article, sur la musique « Nuage »de Django Reinhardt et du Hot Club de France.

L’art déco voit le style année 40 lui succéder se nourrissant de l’esprit surréaliste. Dans l’Europe envahie par la terreur, les destructions se multiplient, les activités artistiques, commerciales et industrielles sont en sommeil. L’évolution des objets est guidée par l’évolution sociale.

L’exposition de 1937 à Munich dénonce « l’art dégénéré »(entartete Kunst) le cubisme, dadaïsme, impressionnisme sont sans valeur, il ne doit y avoir que l’art officiel, « l’art héroïque » ainsi en décide le régime Nazi.
Des milliers d’oeuvres d’art seront saisies pour être détruites.

Face à la menace de guerre grandissante, débutent des opérations d’évacuation des collections publiques, le Musée du Louvre choisit de protéger ses trésors dans des lieux isolés, dans les campagnes.

La Vénus encordée
© Musée du Louvre, fonds Aulanier

La Grande Galerie abandonnée 1939
© Musée du Louvre, fonds Aulanier

La célèbre Joconde quitte le Louvre le 28 août 1939. Le 3 septembre, lendemain de la déclaration de la guerre, la décision est prise, les oeuvres les plus précieuses doivent partir dans la journée.

Dans son tableau « Enfant géopolitique observant l’Homme nouveau », Salvador Dali montre que l’humanité doit sortir de son ancien monde pour renaitre dans la difficulté.

Salvador Dali 1943
« Enfant observant la naissance de l’homme nouveau »

Pour Picasso peindre est une forme de résistance (on se rappelle de son fameux tableau Guernica), la création c’est la vie. Menacé de mort, reclu dans son atelier, il peint cette nature morte à la fin de la guerre
« Tête de mort, cruche et poireaux ».

Pablo Picasso
Nature morte tête de mort, cruche et poireaux, 1945
© Collection Particulière — Succession Picasso 2011

Pablo Picasso
A la fenêtre de son atelier, rue des Grands-Augustins, Paris 8ème.1944.
© Pierre Jahan / Roger-Viollet / Paris en Images

Certaines créations d’accessoires peuvent aussi participer à l’expression d’une résistance.

Bouton
Céramique peinte, métal. France 1940-1949
©Photo Les Arts Décoratifs, Paris / Jean Tholance

Bouton
Céramique émaillée, métal. France 1940-1949
©Photo Les Arts Décoratifs, Paris / Jean Tholance

Le problème des matières premières se pose et le manque pousse à l’imagination. Des matières de substitution trouvent alors leur place. La mode devient aussi une manière de résister, de rester dignes face à l’occupant. Elégante malgré la guerre, les femmes redoublent alors d’inventivité et d’ingéniosité.,

Concours d’Élégance à bicyclette. Paris, juin 1942.
© LAPI / Roger-Viollet / Paris en Images

La maison Grès ignore les règles strictes de métrage de tissu.

Grès
Robe du Soir
Hiver 1942
© Collection Galliera/ Photo DR

Madame Grès posant à coté de son modèle.
1943
© Eugène Rubin/FNAC/Centre National des Arts Plastiques Ministère de la Culture et de la Communication, Paris.

Le chapeau remplace le coiffeur et devient un sujet favori pour la créativité. Les turbans connaissent un vif succès.

Jeanne Lanvin
Turban en ficelle de paille cousue sur de l’organza et du tissu noir. 1942-1943. © Galliera Musée de la Mode de la Ville de Paris.

Malgré les difficultés matérielles, les restrictions et les moyens limités, la vie mondaine et artistisque résiste elle aussi. Le cinéma, les cabarets et théâtres connaissent de fortes affluences.

Django Reinhardt guitariste de jazz français, avec le Hot Club de France 1940.
© Roger Berson / Roger-Viollet / Paris en Images

Même s’il est difficile de circuler car les arrestations, contrôles permanents ou couvre-feu rappellent que la guerre est bien présente, le public veut vivre malgré tout, se distraire.

Vue du Bar du Ritz
© Ritz

Si certaines représentations peuvent être interrompues par des pannes électriques ou des alertes aux bombardements dans les grandes villes, on résiste également en s’évadant par la culture. La littérature est elle aussi emportée dans une économie de restriction, papier et encre sont rationnés, mais toujours active et reste un des refuge favori des français. Autre média qui a suivit les français pendant les années 40, la radio. Très efficace, ce nouveau moyen de communications et d’informations touchait en même temps un grand nombre de personnes.

Le bijou lui aussi dû s’adapter aux circonstances.

Cartier
Clip Or, Saphire
Vers 1940
© Doyle

Pendant la guerre, le commerce de l’or en gros est interdit par la Banque de France. L’activité des ateliers de joaillerie en était donc ralentie. Lorsqu’un client souhaitait réaliser un objet en or, il devait fournir le métal nécessaire à sa réalisation, et souvent les bijoux anciens étaient transformés.

Mauboussin
Boucles d’Oreilles
Saphirs, Diamants, Or
1940

Les pierres précieuses n’arrivaient plus ou peu en Europe. Ces difficultés ont été surmontés et la joaillerie française a su modifier l’aspect et le but de sa production. Les bijoux en or, valeur refuge, dominent les créations.

Van Cleef & Arpels
Boucles d’Oreilles
Vers 1945
© FD Gallery

Des bijoux de « résistance » font leur apparition, comme les clips oiseaux en cage. Sous l’occupation, la Maison Cartier avec Jeanne Toussaint et le dessinateur Peter Lemarchand créent plusieurs pièces représentant un petit moineau, enfermé dans une cage, symbole de cette France occupée.

Broche Oiseau en cage (1942)  Ce bijou de la vitrine a été saisi par les Allemands. © Archives Cartier Paris

Cartier
Oiseau en Cage
1942/43

A la fin de la guerre, Cartier a ouvert cette cage symbolique.
La France est libérée !

Cartier
Broche L’oiseau libéré 1944

Boivin
Clip « Moineau de Paris »
Vers 1945

L’or est travaillé de manière à reproduire la trame de certains tissus ou bien encore des ornements de passementerie, comme les motifs de chevrons ou résille. Les nœuds dentelles (l’or poli et repercé est rehaussé de diamants afin d’imiter les effets de la dentelle) mis à l’honneur dans les collections
Van Cleef & Arpels, connaissent un certain succès.

Van Cleef & Arpels
Broche Noeud Vers 1945

Les motifs figuratifs comme la gracieuse ballerine sont recherchés.

Van Cleef & Arpels
Clip « Ballerine » Diamants, Or.
Vers 1940
© Fd Gallery

Le style année 40 est massif et volumineux, esthétique il est en trois dimension. Les pierres précieuses sont moins présentent, et l’utilisation de pierres fines comme la topaze, la citrine ou l’améthyste est choisie.

Boucheron
Bague Citrine, Saphirs, Or
Vers 1940
© Boucheron

René Boivin
Bague Citrine, Émeraudes, Or.
Vers 1940

René Boivin
Bague Citrines, Or
1940

On rencontre également de nombreux saphirs et rubis synthétiques. Les bijoux sont souvent creux, et si l’or remplace le platine, il garde son aspect précieux en offrant plusieurs couleurs comme le rose, vert, jaune ou blanc.

Van Cleef & Arpels
Bracelet/Clips Or Jaune, Or Rose, Platine, Diamants
Vers 1940
© Van Cleef & Arpels

Si on devait choisir un bijou caractéristique de cette époque ce serait le bracelet. Conçus en or, articulés, les bracelets sont constitués de motifs volumineux carrés, hexagonaux …

Les modèles les plus caractéristiques s’inspirent des chenilles des tanks, leur laissant ainsi leurs noms.

Boucheron
1940
Maison Miller

Cartier
Bracelet « Tank » Or
Vers 1940

Bracelet Tank
Vers 1940
Maison Miller

Bracelet Années 1940
Maison Miller

Bracelet Années 1940
Maison Miller

Bracelet Années 1940
Maison Miller

Bracelets Années 1940
Maison Miller

 L’Officiel de la Couture de mai 1940 décrivait la joaillerie française : « Commerce éminemment de luxe, la joaillerie française ne pouvait pas, en ces temps difficiles, prétendre survivre sans modifier l’aspect et le but de sa production. Certes les pièces de grande valeur subsistent dans ces précieuses vitrines. Mais le Français, la Française à qui vient actuellement l’envie de passer le seuil de ces grandes maisons, orgueil notre commerce national, cherchent plutôt des bijoux fantaisie d’un prix plus facilement accessible. C’est pourquoi les joailliers parisiens se sont surtout orientés vers une conception pratique et décorative de leurs créations. »

Boucheron
Broche  » Escargot Libération » Or, Émail.
1945
© Lucas Rarities

Il n’est pas facile de trouver un lieu emblématique des années 1940, nous avons choisi le fameux bar du Ritz, celui fréquenté par Ernst Hemingway et sa célèbre légende qui veut que le futur prix nobel arriva en jeep Place Vendôme, déclarant : « Je viens libérer le Ritz ».

Charlotte Esprit Joaillerie et Sarah Miller
Ritz Bar Hemingway

 C’est un adorable trio de broches félines que Sarah Miller et Esprit Joaillerie souhaitent vous faire partager.

Un « Lion » en or jaune, saphir, diamants et émail attendrissant.

Un « Tigre » en or jaune, émeraudes et émail séducteur.

Enfin un « Léopard » en or jaune, émeraudes et émail rêveur.

Un lion, un tigre et un léopard signés du joaillier Fred.
En 1936 Fred Samuel ouvre à Paris et se décrit alors comme
« le Moderne Joaillier Créateur ». Il deviendra au fil des années un joaillier mondain au succès fleurissant. Ces créations séduiront notamment la princesse Grace. Incontournable joaillier des années 1950 à 1990, il rivalisera de créativité avec la Place Vendôme créant ainsi le fameux bracelet force 10. C’est dans les années 1970 que ces broches Lion, Tigre et Léopard sont réalisées. Des broches qui attirent encore et toujours les connaisseurs.

L’avis de « Duo-Expert » :

Sarah : Tous trois ont leurs personnalités, c’est un style pour chaque femme.

Charlotte : Des félins attachants avec un faible pour le … Léopard.

Lequel allez-vous adopter ?

Actuellement en vente chez Miller Paris 1er, 233 rue Saint Honoré.
www.miller.fr