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Véritable objet d’art, l’épée d’académicien est un bijou sur mesure, personnel et symbolique. L’épée porte les symboles représentant la vie et l’oeuvre du futur académicien. Offerte par ses amis réunis dans un comité de l’Épée, elle peut être une arme ancienne, une épée de cour ou une réalisation de joaillier qui sera remise lors d’une cérémonie privée.
Célèbre institution, l’Académie française a été fondée en 1635 par le Cardinal de Richelieu pour défendre et perfectionner la langue française. Composée de quarante membres elle rassemble des personnalités de la vie culturelle.

© Institut de France

© Institut de France

Esprit joaillerie vous propose d’apprécier quelques épées d’académiciens réalisées par de célèbres joailliers ou artisans d’art.

Le joaillier Cartier a toujours défendu l’art en ayant une vision avant-gardiste, précurseur dans de nombreux domaines, il séduit Jean Cocteau qui lui confie la réalisation de son épée.

Épée de Jean Cocteau © Cartier

Épée de Jean Cocteau
© Cartier

Réalisée en 1955 par le joaillier Cartier, l’épée de Jean cocteau, est sertie d’émeraude, rubis, diamant, ivoire, onyx, émail, or et argent. La lame est en acier.
Le profil d’Orphée dont le mythe hanta le poète forme la branche, sa lyre en ivoire ornée d’une émeraude et de deux rubis somme le pommeau. Une étoffe d’or enroulée autour de la fusée, à la manière d’une draperie sur la colonne d’un théâtre antique, évoque la tragédie. Sur le bouton du fourreau figure la signature du poète : ses initiales accompagnées du signe en étoile qu’il y joignait toujours. Ce signe se retrouve sur la garde, sous la forme d’une étoile à six branches, chacune terminée par un rubis et au centre de laquelle est placé un diamant. L’étoile se détache sur un disque d’ivoire tandis que la garde elle-même prend la forme d’un fusain évoquant son œuvre graphique. Sur le fourreau, un motif inspiré des grilles du Jardin du Palais-Royal rappelle l’endroit où habitait Jean Cocteau, tandis qu’à l’embout une main fermée sur une boule en ivoire, évoque la pierre enrobée de neige des Enfants Terribles.
La lame offerte par des amis espagnols provient d’une armurerie de Tolède.
L’émeraude de 2,84 carats a été offerte par Coco Chanel, les autres pierres précieuses par Francine Weisweiller.

Dessin de l'Épée de Jean Cocteau © Cartier

Dessin de l’Épée de Jean Cocteau
© Cartier

Épée de Jean Cocteau © Cartier

Épée de Jean Cocteau
© Cartier

La Maison Mellerio dit Mellers a également réalisé des épées d’académiciens. En voici deux parmi leurs nombreuses réalisations, celle de Monsieur Jacques Bainville datant de 1936 et celle de Monsieur Gérard Le Fur en 2002.

Épée de Monsieur Bainville 1936 © Mellerio

Épée de Monsieur Bainville
1936
© Mellerio

L’épée de Jacques Bainville reprend l’un de ses thèmes favoris, Minerve ailée comme une victoire, thème dominant des oeuvres de l’auteur, maintes fois repris sur la couverture de ses ouvrages : Histoire de France, Jaco et Lori, Napoléon, la Tasse de Saxe…
Minerve est ici appuyée sur une lance symbolique dont le fer est formé d’une fleur de lys en brillants. La sérénité l’habite, malgré les assauts de deux chimères symbolisant les ennemis de la vérité, de l’ordre, de la sagesse.
Sur la coquille, posées sur deux plumes enlacées, se détachent les initiales de l’auteur. Enfin sur la lame, figure l’inscription
« offert par les étudiants français le 7 novembre 1935 ».

Épée de Monsieur Gérard Le Fur 2002 © Mellerio

Épée de Monsieur Gérard Le Fur
2002
© Mellerio

Gérard Le Fur est docteur en pharmacie depuis 1973.  Il a étudié le rôle des neurotransmetteurs cérébraux et s’est spécialisé dans la mise au point et le développement de médicaments du système nerveux central. Gérard Le Fur a fait de nombreuses découvertes qui ont eu des applications thérapeutiques dans différents domaines.
Certaines d’entre elles sont représentées sur son épée: un tissage de vermeil, sur lequel sont incrustés des diamants et des cabochons de pierres précieuses (saphirs, rubis et émeraudes), dessine la molécule «Rimonabant », une découverte majeure.

L’artiste joaillier Jean Vendome a réalisé également des épées d’académiciens, comme celle de Lucien Israel, Maurice Schumann, Julien Green ou encore Roger Caillois.
Jean Vendome garde le souvenir « de grands hommes par leurs cultures, leur savoir, ce qu’ils ont pu réaliser pour l’humain. En même temps, ce sont des hommes simples à l’écoute de tous.
C’est ce qui fait leur valeur pour moi. »

Remise de l'épée d'académicien à Roger Caillois dans les salons des éditions Gallimard à Paris en décembre 1971 Monsieur Roger Caillois et Jean Vendome, henry-jean Schubnel, Monsieur Marcel Arland, Monsieur Miguel-Angel Asturias © Jean Vendome

Remise de l’épée d’académicien à Roger Caillois dans les salons des éditions Gallimard à Paris en décembre 1971.
Monsieur Roger Caillois et le Joaillier Jean Vendome, Monsieur Henry-Jean Schubnel, Monsieur Marcel Arland, Monsieur Miguel-Angel Asturias, Monsieur Andres Arcos et l’apprenti joaillier Joël.
© Jean Vendome

Épée de Monsieur Roger Caillois © Musée des Confluences

Épée de Monsieur Roger Caillois 
© Musée des Confluences

Épée de Monsieur Roger Caillois © Musée des Confluences

Épée de Monsieur Roger Caillois
© Musée des Confluences

Les cinq symboles souhaités par Roger Caillois sont tous représentés par des pierres pour rappeler que l’Académicien était grand amateur et collectionneur de minéraux : la Croix du Sud sur le pommeau ; la pieuvre (l’animal le plus intelligent du monde, au dire de l’Académicien) sur la garde ; la Tchécoslovaquie par la moldavite de Bohème formant le pommeau pour rappeler le pays de son épouse, Aléna ; le Brésil par le bloc de tourmaline constituant la poignée ; l’espace avec la moldavite de la collection personnelle de Roger Caillois et qui représentait, à ses yeux, « une pierre de l’espace tombée sur la terre ».

Pour la Maison Arthus Bertrand, réaliser une épée d’académicien est un symbole de prestige, réaliser une pièce unique d’art, c’est exprimer son savoir-faire. L’une des dernières épées réalisées est celle de Monsieur Pierre Laurens. « Comme à chaque fois, la conception commence par plusieurs longs entretiens avec le récipiendaire au cours desquels nous cherchons à savoir tout ce qui a compté dans sa vie et sa carrière ».
Plus de quatre mois de concertations, d’ajustements et de fabrication auront été nécessaire à cette réalisation.

Atelier Arthus Bertrand pendant la réalisation de l'épée de Monsieur Pierre Laurens © Arthus Bertrand

Atelier Arthus Bertrand pendant la réalisation de l’épée de Monsieur Pierre Laurens
© Arthus Bertrand

Pommeau de l'épée sertie d'ambre inclus d'un insecte. © Arthus Bertrand

Pommeau de l’épée sertie d’ambre inclus d’un insecte.
© Arthus Bertrand

Épée de Monsieur Pierre Laurens © Arthus Bertrand

Épée de Monsieur Pierre Laurens
© Arthus Bertrand

Chez Stéphanie Porsain et Florent Tremolosa, créateurs joaillier d’Origine Ateliers c’est un « bijou sur mesure »qu’ils ont réalisé pour Madame Dominique Bona. Elle ne souhaitait pas une épée ostentatoire mais cet objet hautement symbolique devait être simple et féminin.

« Je ne souhaitais pas que mon épée porte des symboles, confie l’académicienne. Florent a eu l’idée de jouer simplement sur le chiffre huit, qui représente l’infini. Il est aussi très féminin, car tout en rondeur. Et je suis la huitième femme, élue à l’Académie française. »

Épée de Madame Dominique Bona © Origine Ateliers

Épée de Madame Dominique Bona
© Origine Ateliers

La garde prend donc la forme d’un huit, dans la tradition des épées les plus anciennes et redoutables, une lame damassée est choisie. La poignée est habillée de galuchat gris, le pommeau serti d’un quartz rose étoilé à six branches et terminé par une discrète ligne de diamants autour de la poignée.

Épée de Madame Dominique Bona © Origine Ateliers

Épée de Madame Dominique Bona
© Origine Ateliers

En 1992, Brigitte Péry et son frère Didier ont réalisé une épée d’immortel, celle de Pierre Cardin, premier couturier reçu à l’Académie des beaux-arts.

Brigitte Péry, Pierre Cardin, Didier Péry. 1992.
© Brigitte Péry

L’Académie des beaux-arts est l’une des cinq compagnies de l’Institut, créée en 1795  (Les autres sont l’Académie française, l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, l’Académie des Sciences et l’Académie des Sciences morales et politiques), elle a pour vocation de favoriser la création d’oeuvres d’art, le pluralisme des expressions et la défense et l’illustration du patrimoine artistique.

Epée de Pierre Cardin réalisé en 1992 par l’Atelier Péry.

L’épée entrelace le chas de l’aiguille, la bobine de fil et un dé d’or blanc rhodié et or fin 24 cts. On y distingue également le « M » de Maxim’s , un masque vénitien (ville natale de Pierre Cardin) et une jupe en peau d’autruche verte. La double lame de l’épée est en forme de ciseaux. L’Atelier l’a réalisé en 500 heures de travail, elle pèse 1,5 kg.

Pour clore cette découverte, quelques mots de Michel Renonciat, Restaurateur du Patrimoine et des Musées Nationaux, expert en armes anciennes et spécialiste des épées.

ÉPÉES ACADÉMICIENS

Comment devient-on expert en armes anciennes ?

Je suis collectionneur et fils de collectionneur, le regard s’aiguise.
Tout passe par le regard, puis vient l’expérience.
Les armes anciennes sont des oeuvres d’art, j’ai eu la chance de voir des pièces exceptionnelles, datant de Napoléon. C’est émouvant de retrouver le culte de l’Empire, l’histoire de France.
C’est aussi la possibilité de rencontrer de grande famille les Napoléon ou la famille princière de Monaco, Albert Ier était un grand collectionneur d’objets de l’Empire. Cela permet d’approfondir et d’échanger ses connaissances, bien connaitre l’histoire pour retrouver ses symboles.

ÉPÉES ACADÉMICIENS

Que représente l’épée à vos yeux ?

Une oeuvre d’art ! C’est un objet qui peut raconter beaucoup de choses.

ÉPÉES ACADÉMICIENS
Il y a sa symbolique l’épée de cour, militaire, l’épée d’officier…
L’Épée d’académicien c’est le reflet d’une vie.
Chaque partie de l’épée est pensée. Le futur académicien choisit ses symboles, pierres et parfois une citation.

Épée de Monsieur Alain Finkielkraut © Michel Renonciat

Épée de Monsieur Alain Finkielkraut
© Michel Renonciat

Par exemple une des dernières épées que j’ai réalisé, celle de Monsieur Alain Finkielkraut qui a été reçu à l’Académie Française au mois de janvier dernier, porte trois symboles :
Une citation de Charles Péguy « La République une et indivisible, c’est notre royaume de France »
un Aleph qui est la première lettre de l’alphabet hébraïque.
Une tête de vache en tant que douce nourricière des enfants de France.

Épée de Monsieur Valleron © Michel Renonciat

Épée de Monsieur Valleron
© Michel Renonciat

Je pense aussi à l’épée d’Alain-Jacques Valleron qui est très forte en symbolique que j’ai réalisé avec Jean-Louis Faure. Cet épidémiologiste a choisi des symboles plus complexes.
La garde est un pied de proportion pour les statistiques, la fusée en aiguilles de porc épic va en rapport avec le crâne et le coeur, car l’étude est faite sur les maladies animales transmissibles à l’homme et mortelles, dessous l’emblème de l’école polytechnique d’où il sort, et le dollar or américain car Monsieur Valleron enseigne aux États Unis.

J’ai eu la chance de réaliser un certain nombre d’épées, une soixantaine, et à chaque fois de rencontrer des femmes et des hommes d’exceptions.

© Le Point

© Le Point

Quelle fantastique aventure que la réalisation de cet article pour Esprit Joaillerie, que de rencontres passionnantes :

Mes très chaleureux remerciements aux
Maisons Cartier et Mellerio dit Mellers.

Une pensée toute particulière au
Créateur Joaillier Jean Vendome.

Monsieur Gil Piette, Directeur Général de la Maison Arthus Bertrand.

Stéphanie Porsain et Florent Tremolosa, Origine Ateliers.

Mme Claude-Marie Durix secrétaire des commissions littéraires à l’Académie Française qui a guidé mes pas dans l’histoire des épées d’académiciens.

Enfin un grand merci à l’expert en armes anciennes
Monsieur Michel Renonciat pour cette rencontre autour de son
savoir-faire, sa passion et son expertise des armes anciennes.

 

 

Au détour d’une lecture, la littérature parle de bijoux surprenant. Connaissez vous l’incroyable tortue rutilante de gemmes de Jean des Esseintes. Personnage principal du roman « A Rebours » de la fin du XIXème siècle, l’auteur Joris-Karl Huysmans nous entraine vers la folie des gemmes.

Cartier Lapis-Lazuli, Émeraude, Or. Vers 1950

Cartier
Lapis-Lazuli, Émeraude, Or.
Vers 1950

 Jean des Esseintes, esthète maniaque à l’esprit décadent, est fasciné par les couleurs, une idée incroyable lui vient à l’esprit pour donner de la vie à son tapis: « Regardant, un jour un tapis d’orient à reflets et, suivant les lueurs argentées qui couraient sur la trame de la laine, jaune aladin et violet prune, il s’était dit : il serait bon de placer sur ce tapis quelque chose qui remuât et dont le ton foncé aiguisât la vivacité de ces teintes.

Cartier Rubis, Or

Cartier
Rubis, Or

Possédé par cette idée, il avait vagué, au hasard des rues, était arrivé au Palais Royal, et devant la vitrine de Chevet s’était frappé le front : une énorme tortue était là, dans un bassin. Il l’avait acheté : puis, une fois abandonnée sur le tapis, il s’était assis devant-elle et il l’avait longuement contemplée, en clignant de l’oeil.

Cartier Rubis, Or

Cartier
Rubis, Or

Decidement la couleur tête-de-nègre, le ton de Sienne crue de cette carapace salissaient les reflets du tapis sans les activer; les lueurs dominantes de l’argent étincelaient maintenant à peine, rampant avec les tons froids du zinc écorché, sur les bords de ce test dur et terne.(…)

Boucheron Oeil de Tigre, Émeraudes, Diamants, Or

Boucheron
Oeil de Tigre, Émeraudes, Diamants, Or

Il découvrit enfin que sa première idée, consistant à vouloir attiser les feux de l’étoffe par le balancement d’un objet sombre mis dessus était fausse; en somme, ce tapis était encore trop voyant(…) Il s’agissait de renverser la proposition, d’amortir les tons, de les éteindre par le contraste d’un objet éclatant, écrasant tout autour de lui, jetant de la lumière d’or sur de l’argent pâle.(…) Il se détermina à faire glacer d’or la cuirasse de la tortue.(…)

René Boivin Citrine, Émeraudes, Or Vers 1940

René Boivin
Citrine, Émeraudes, Or
Vers 1940

La bête fulgura comme le soleil, rayonna sur le tapis (…) Des Esseintes fut tout d’abord enchanté de cet effet; puis il pensa que ce gigantesque bijou n’était qu’ébauché, qu’il ne serait vraiment complet qu’après qu’il aurait été incrusté de pierres rares.

Van Cleef & Arpels Émeraudes, Rubis, Diamants

Van Cleef & Arpels
Émeraudes, Rubis, Diamants

Il choisit dans une collection japonaise un dessin représentant un essaim de fleurs, l’emportat chez un joaillier, et il fit savoir au lapidaire stupéfié que les feuilles, que les pétales de chacune de ces fleurs, seraient exécutés en pierreries et montés dans l’écaille même de la bête (…)

Cartier Lapis-Lazuli, Saphirs roses, Saphirs, Or Vers 1960

Cartier
Lapis-Lazuli, Saphirs roses, Saphirs, Or
Vers 1960

Le choix des pierres l’arrêta; le diamant est devenu singulièrement commun depuis que tous les commerçants en portent au petits doigt; les émeraudes et les rubis de l’Orient sont moins avilis, lancent de rutilantes flammes, mais ils rappellent par trop ces yeux verts et rouges de certains omnibus qui arborent des fanaux de ces des couleurs; quant aux topazes brûlés ou crues, ce sont des pierres à bon marché. (…)

Van Cleef & Arpels Citrine, Turquoise, Or

Van Cleef & Arpels
Citrine, Turquoise, Or

Décidément aucune de ces pierreries ne contentait des Esseintes; elles étaient d’ailleurs trop civilisées et trop connues. Il fit ruisseler entre ses doigts des minéraux plus surprenants et plus bizarres, finit par trier une série de pierres réelles et factices dont le mélange devait produire une harmonie fascinatrice et déconcertante.

Chaumet Calcédoine, Diamants, Or. Maison Miller

Chaumet
Calcédoine, Diamants, Or.
Maison Miller

Il composa ainsi le bouquet de ses fleurs : les feuilles furent serties de pierreries d’un vert accentué et précis : de chrysobéryls vert asperge ; de péridots vert poireau ; d’olivines vert olive et elles se détachèrent de branches almadine et en ouwarvite d’un rouge violacé, jetant des paillettes d’un éclat sec, de même que ces micas de tartre qui luisent dans l’intérieur des futailles (…) Trois pierres dardaient en effet des scintillements mystérieux et pervers, douloureusement marchés du fond glacé leur eau trouble : Yeux de chat de Ceylan, cymophanes et saphirines.

Seaman Schepps Citrines, Emeraudes, Bois de Rose, Or

Seaman Schepps
Citrines, Emeraudes, Bois de Rose, Or

L’oeil de chat d’un gris verdâtre, strié de veines concentriques qui paraissent remuer, se déplacer à tout moment, selon la disposition de la lumière. Le cymophane avec des moires azurées courant sur la teinte laiteuse qui flotte à l’intérieur.
La saphirine qui allume des feux bleuâtres de phosphore sur une fond de chocolat, brun sourd.(…)

Des Esseintes regardait maintenant, blottie en un coin de sa salle à manger, la tortue rutilait dans la pénombre.(…) ».

Cartier Rubis, Saphirs, Or

Cartier
Rubis, Saphirs, Or

Je ne vous raconte pas la fin de la tortue car c’est triste
( … sauf si vous êtes vraiment très nombreux à me la demander).

Broche vintage Diamants, Onyx, Or

Broche vintage
Diamants, Onyx, Or

 

Esprit Joaillerie vous emmène l’espace d’une lecture au Mexique, chercher une perle. La Perle du roman de John Steinbeck. Celle qui attire au premier coup d’oeil par sa clarté, sa pureté, son mystère :
« La perle du monde »

Van Cleef & Arpels

Cette courte histoire est présentée comme un conte moral transmis de générations en générations chez les pécheurs mexicains. Nous sommes plongés dans l’histoire d’un couple de pauvres pécheurs mexicains qui va découvrir les affres de la richesse.

René Boivin

« Dans la ville, on raconte l’histoire d’une grosse perle – comment elle fut trouvée, puis perdue à nouveau ; l’histoire de Kino, le pêcheur, de sa femme Juana et de leur bébé Coyotito. Et comme l’histoire a été si souvent racontée, elle est enracinée dans la mémoire de tous. Mais, tels les vieux contes qui demeurent dans le cœur des hommes, on n’y trouve plus que le bon et le mauvais, le noir et le blanc, la grâce et le maléfice – sans aucune nuance intermédiaire »

Suzanne Belperron

Afin de trouver l’argent pour soigner leur fils, le petit Coyotito, qui vient d’être piqué par un scorpion, Kino et Juana décident de prendre leur petite barque pour partir à la recherche d’une belle perle. Ils en trouvent une magnifique…Kino voit dans la perle le miroir d’une richesse future.

Van Cleef & Arpels

« Jouant de sa lame comme d’un levier, il le fit céder et le coquillage s’ouvrit. Les lèvres de chair se crispèrent puis se détendirent. Kino souleva le repli et la perle était là, la grosse perle, parfaite comme la lune. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse qu’un œuf de mouette. C’était la plus grosse perle du monde. »(…)

Buccellati

Bientôt, les passions se déchaînent ; le couple devra lutter contre la cupidité et la jalousie des autres et aussi contre ses propres démons.

« Chaque acheteur était censé agir pour son compte et affronter ses concurrents aux enchères pour l’acquisition des perles apportées par les pêcheurs. Et il fut un temps où il en était ainsi. Mais c’était là une période de gaspillage, car il était parfois arrivé que, dans le feu des enchères pour l’obtention d’une belle perle, d’énormes sommes avaient été offertes aux pêcheurs, extravagance qu’il ne fallait pas encourager. A présent, il n’y avait plus qu’un seul acheteur avec de nombreux sous-ordres, et les hommes qui, dans leurs bureaux, attendaient Kino savaient tous quel prix ils offriraient, jusqu’où ils monteraient et quelle serait la méthode employée par chacun d’eux. Et bien que cet achat ne rapportât rien à ces hommes de plus que leur salaire habituel, l’agitation avait quand même saisi tous les acheteurs de perles, car toute chasse apporte une émotion, et si la tâche d’un homme consiste à faire baisser un prix, alors il doit trouver plaisir et satisfaction à le faire baisser un maximum. »

Cartier

Ce récit très poétique repose sur la symbolique de la perle qui hypnotise, séduit et détruit. Car cette perle émet une musique particulière, la chanson de la famille lorsque Kino aperçoit dans la perle un futur meilleur (l’école pour son fils, le départ vers la ville) puis la chanson maléfique lorsque la perle éveille le mal dans le village qui veut lui voler la perle.
John Steinbeck décrit les changements de l’âme de Kino qui est prêt à se transformer en meurtrier pour garder la perle magique.

Bulgari

« Lorsqu’ils furent au bord de l’eau, ils s’arrêtèrent et regardèrent au loin, par-dessus le Golfe. Puis Kino déposa son fusils à terre, fouilla dans ses vêtements et, tout à coup, la perle apparut dans ses doigts. Il en scruta la surface et elle lui sembla grise et malsaine. des visages maudits y apparurent, des visages qui le fixaient. Il y vit la lueur d’un coup de fusil. il y vit l’oeil suppliant de l’homme de la mare. Il y vit Coyotito gisant dans la petite grotte, le crâne arraché par le coup de feu. Et la perle était affreuse, grise comme une excroissance maligne. Et kino entendit la musique de la perle, dissonante et folle. Sa main tremblait légèrement lorsqu’il se tourna vers Juana pour la lui tendre? Debout à son côté, elle portait toujours son fardeau de mort sur l’épaule. Un instant, elle considéra la perle dans la main de Kino, puis le regardant bien droit dans les yeux, elle dit doucement :
-Non toi …
Et Kino, levant le bras très haut, lança la perle de toute sa force. Kino et Juana la regardaient décrire sa trajectoire clignotante et étincelante dans le soleil couchant. Ils virent au loin le petit éclaboussement et, côte à côte, ils contemplèrent longuement la place où elle s’était engloutie. Et la perle descendit vers le fond, dans l’eau verte et douce. »

Cartier

Jalousie, cupidité mais aussi rêve de réussite, Steinbeck décrit les remous de l’âme humaine….dans le reflet d’une incroyable perle.
La perle de Steinbeck.

A l’occasion du salon Bijorhca PARIS de janvier, Esprit Joaillerie a rencontré la créatrice de bijoux Laurence Oppermann.

Laurence partage avec nous sa vision du bijou d’artiste, audacieuse, elle transforme la matière dans un esprit sculptural.

Laurence Oppermann & Esprit Joaillerie
© Ejcw / Laurence Oppermann

Comment êtes-vous devenue créatrice joaillière ?

Après un cursus classique, j’ai suivi des études en conception et design graphique, mais j’ai rapidement pris conscience que le rapport à la matière me manquait. J’ai intégré l’école des Arts Décoratifs de Genève (ENSAD) afin d’apprendre à développer un processus de création complet.

Durant trois ans, j’ai pu découvrir le métal et je me suis passionnée pour cette matière brute.
Partir d’une plaque ou d’un fil et voir le métal se transformer est captivant et gratifiant. En forgeant, on voit l’empreinte du marteau et la matière qui change de volume.
Forger et marteler, des gestes qui me plaisent profondément, et qui m’ont décidé à en faire ma spécialité et de m’installer en tant que bijoutière-joaillière.

Bague « Première Rosée », diamants, 3 ors.
© Laurence Oppermann

Pouvez vous nous présenter une de vos créations ?

La bague « Fil du Temps ». Cette bague est constituée de deux demi-sphères d’or forgé et martelé reliées par un fil d’or tricoté. Cette création est à la fois volumineuse et légère à porter. J’apprécie tout spécialement la représentation du temps dans cette création, la mobilité et le rapport au corps. Ce bijou est l’union d’un développement artistique doublé d’une parfaite maîtrise technique du forgeage et du martelage.

Un savoir-faire qui constitue la signature de mes créations.

Bague « Fil du Temps »
Fil d’or tricoté.
© Ejcw / Laurence Oppermann

Que représente le bijou pour vous ?

Le bijou est une sculpture, c’est un objet unique qui représente  la personne qui le porte et qui vit sur la personne. J’aime que ce bijou soit fort, qu’il ait du poids. J’aime sentir sa présence.

Bague « Première Rosée », pierres fines, argent.
© Laurence Oppermann

Avez-vous une pierre de prédilection ?

J’aime le diamant, diamant brut, tailles anciennes, tailles rose. J’aime le diamant pour son éclat, qui vient rehausser des formes sculpturales, architecturales. Tout comme le métal, j’aime ce symbole de dureté.

Bague Tribale en or jaune martelé, diamants.
© Laurence Oppermann

Qu’est ce qui a déclenché votre envie d’exposer à Bijorhca PARIS ?

Tout d’abord, ma rencontre avec Francis Van de Walle lors du dernier salon Révélations, et aussi l’envie de « prendre la suite » après Hélène Courtaigne Delalande et Jean Boggio qui sont 2 créateurs que j’apprécie par leur personnalité et leurs univers bien spécifiques et différents de ce que j’avais pu voir sur ce salon.

J’ai saisi cette opportunité d’exposer et montrer mon travail de création qui opère un changement en donnant une place aux pièces uniques.

Bracelet « Constellation » saphirs, en or et argent
© Laurence Oppermann

Que représente le salon Bijorhca PARIS pour vous ?

Un salon historique avec l’ensemble des métiers du secteur, de la fantaisie à la joaillerie, qui progresse chaque année.

Bagues « Calice » en argent.
© Ejcw / Laurence Oppermann

Comment ressentez vous le secteur des bijoux de créateurs ?

C’est un secteur de passion, qui devrait être mieux représenté et reconnu des professionnels et du grand public.

Un secteur de niche, adressé à une clientèle d’initiés, qui prend de l’essor au fil des années. La clientèle est séduite par l’approche et la démarche artistique qui est extrêmement variée dans des formes et matériaux divers, ce qui permet aux personnes de porter des pièces uniques et réellement personnelles.

Bague « Première Rosée », pierres fines, argent.
© Laurence Oppermann

 

Merci Laurence de nous avoir fait découvrir votre univers riche, un univers de créatrice.

Laurence Oppermann
183, rue Cuvier
69006 Lyon France

Esprit Joaillerie a aimé la toute dernière sélection de bijoux de
La Galerie Parisienne.

© Ejcw / La Galerie Parisienne

Emmanuelle Chassard et Sebastien Moinet Béchard, établis rue de Seine depuis 2013, proposent une exposition vente de bijoux très haute joaillerie ainsi qu’un choix d’objets d’artistes de la deuxième moitié du XXème siècle.

L’exposition « Bijoux de Collection » ouvre toutes les portes du temps, les styles, les matières et les signatures prestigieuses.

Ces bijoux de collections sont de véritables oeuvres d’art.

René Boivin
Vers 1910-1915
Broche « masque à l’antique » or jaune et perles fines.
© Ejcw / La Galerie Parisienne

Cartier
Vers 1940
Broche « Oiseau » or jaune, platine, diamants, rubis, émeraude, corail et perles fines.
© Ejcw / La Galerie Parisienne

Boucheron
Vers 1940
Bracelet or blanc, or jaune, lapis-lazuli et rubis suiffés.
© Ejcw / La Galerie Parisienne

Le regard est capté par les pierres précieuses mais pas seulement, ce sont  aussi les couleurs, volumes et alliances de matières qui emmènent notre curiosité.

Broche « noeud » argent, or rose, diamants taille ancienne.
XIX ème siècle
© Ejcw / La Galerie Parisienne

Raymond Templier
1942
Broche en acier et staurodite.
© La Galerie Parisienne

Jean Trotin
Vers 1925
Bracelet à décor de fougères argent émaillé rouge et noir, pierres blanches.
© La Galerie Parisienne

Les époques se mélangent pour mieux surprendre.

David Webb
Vers 1950
Bague à l’antique or jaune et diamant taille rose.
© Ejcw / La Galerie Parisienne

Auger
Fin XIXème siècle
Pendentif égyptomanie or émaillé bleu et vert, scarabée naturalisé, amulette en pierre dure, platine et diamants.
© Ejcw / La Galerie Parisienne

René Boivin
Vers 1950
Bracelet rigide « bobinettes » or jaune, platine, diamants et cabochons de corail.
© Ejcw / La Galerie Parisienne

Bvlgari
Vers 1970
Paire de boucles d’oreilles en or jaune, onyx et diamants.
© Ejcw / La Galerie Parisienne « Radical chic » à découvrir !

Allez découvrir ces bijoux de collection à La Galerie Parisienne !

René Boivin
Vers 1950
Broche « Lion couché » or jaune, diamants taille ancienne jaunes et blancs, pierres fines.
© Ejcw / La Galerie Parisienne

La galerie Parisienne
26 rue de Seine
Paris 6e

LaGalerieParisienne.fr