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Initialement prévue en avril, le musée de minéralogie MINES ParisTech devait nous proposer un nouveau regard sur les minéraux, à travers les liens qu’ont les minéraux avec la santé.
L’exposition passionnante est évidement reportée pour des jours plus cléments. La santé est au coeur de notre actualité.
Esprit Joaillerie a voulu vous faire partager ce projet très intéressant.

Vue du Musée de Minéralogie Mines ParisTech
© Musée de Minéralogie MINES ParisTech / Eloïse Gaillou

Ce projet a été réalisé par des étudiants de quatre écoles de l’Université PSL (MINES ParisTech, Ecole normale supérieure, Ecole nationale des chartes et Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs).

 Il s’agit d’un spectre plus large que la lithothérapie, le soin par les pierres, le lien est plus riche.
On retrouve les minéraux depuis longtemps sur des talismans, nourris par une pensée magico-religieuse. Cet ésotérisme ancien est connu par des écrits appelés « lapidaires »qui sont consacrés aux pierres. Ces textes anciens rassemblent aussi bien des savoirs médicaux que des savoirs magiques parfois concurrents. Pline l’Ancien rapportera avec scepticisme la capacité de l’améthyste à préserver de l’ivresse.

Voyageurs repoussants des bêtes sauvages à l’aide de diamants.
Enluminure du livre des Merveilles de Jean de Mandeville. XIVe siècle
© Paris, BnF, Français 2810.

Les médecines anciennes ont souvent fait appel à une majorité de substances d’origines végétales et de matières minérales.

« Traité universel des drogues simples » Paris 1714. Cet ouvrage est un exemple de pharmacopée trés diffusé au XVIIIe siècle. L’auteur, s’attache à décrire les matières premières d’usage médical provenant des trois règnes (végétal, minéral et animal). Si les végétaux forment la majorité des remèdes, une trentaine de substances minérales sont aussi présentes dans l’ouvrage.
© Musée de Minéralogie MINES ParisTech / Eloïse Gaillou

La plupart sont des minéraux composés d’un seul élément chimique, comme par exemple le mercure (Hg). Appelé vif-argent, ancêtre du mercurochrome, on lui a prêté de nombreuses propriétés curatives.
Très étudié par les alchimistes et la médecine, il s’est révélé être un neurotoxique.

Mercure natif
Espagne
© Mines ParisTech / Jean-Michel Le Cleac’H

Les minéraux entrent également dans la fabrication de produits de beauté qui ont été utilisés pendant des siècles.
C’est le cas par exemple du khôl égyptien, on notera qu’outre ses emplois cosmétiques et thérapeutiques (il est utilisé pour soigner les infections oculaires), il conjure également le mauvais sort.

Egyptienne maquillée de Khôl
© Musée du Louvre / Wikipédia

Les minéraux sont employés la plupart du temps sans considération de leur possible toxicité. Comme pour le khôl égyptien qui a l’époque antique était composé de galène (sulfure de plomb) ou de stibine (sulfure d’antimoine).

Le développement des sciences toxicologiques et pharmacologiques des derniers siècles accompagne la naissance des principes de santé publique. Les substances d’origine minérale, qu’elles soient pharmaceutiques ou non, font l’objet de méthodes standardisées et reproductibles d’évaluation de leur toxicité.

Toujours présent dans l’industrie pharmaceutique moderne les minéraux aident les hommes, comme ces exemples du « Smecta », de la « Téralithe » ou du Bicarbonate de sodium.

Le Smecta est composé de smectite, c’est un minéral argileux couramment rencontré dans les sols, efficace comme antidiarrhétique, sa structure en feuillet lui permet d’absorber le surplus de liquide.

Echantillon de Smectite
© Ejcw / Mines ParisTech

Echantillon de Smecta
© Ejcw / Mines ParisTech

C’est le carbonate de lithium qui entre dans la composition de la Téralithe, issu de la lépiodolite, il a une action sur les troubles bipolaires.

Médicament Téralithe & Echantillon de Lépidolite.
© Ejcw / Mines ParisTech

Quand au célèbre Bicarbonate de sodium (ou Bicarbonate de soude) c’est le « natron », un sel formé par évaporation de lacs salés riches en sels de sodium, le bicarbonate de sodium qui les compose.

Bicarbonate de Sodium
© Ejcw / Mines ParisTech

Echantillon de Natron
© Ejcw / Mines ParisTech

Réelle panacée, il est connu depuis l’Antiquité, les égyptiens s’en servait déjà comme savon, de nos jours on peut le retrouve pour la santé, la cuisine, les cosmétiques…

Enfin, certains minéraux ont des propriétés remarquables, ils sont biocompatibles. C’est le cas du phosphate de calcium qui est un peu comme un « ciment » pour les os. Les tissus osseux sont composés en majorité d’apatite et d’hydroxyapatite, du phosphate de calcium (CaP).

Apatites, Phosphate de Calcium.
Minéral d’importance pour les prothèses osseuses, l’hydroxyapatite constitue également nos dents.
© Musée de Minéralogie MINES ParisTech / Eloïse Gaillou

Le principe est celui de l’ostéo-intégration. Ce phosphate de calcium, une fois dissous dans les fluides corporels, se lie chimiquement au tissu osseux avec lequel il est en contact. Il forme des cristaux par précipitation à la surface de l’os et y crée une interface stable avec le matériau bio actif. On assiste à une « cicatrisation » des os. Ces phosphates de calcium sont également utilisés comme matériaux de comblement ou de recouvrement (implants dentaire et prothèses).

Les minéraux sont esthétiques par leurs formes et leurs couleurs, comme on a pu le voir ils sont également très utiles.
Ils nous réservent encore des surprises.

Mes félicitations pour la réalisation de cette étude Minéraux & Santé à Alice Besson-Léaud, Lisa Lafontaine (École nationale des chartes), Quentin Bollaert (École normale supérieure), Alexandre Couturier (École nationale des chartes), Constance de Lagaye de Lanteuil (École nationale supérieure des Artes Décoratifs), Hugo Lestrelin (École normale supérieure), Clément Loiseau (MINES ParisTech) et Tristan Malleville (MINES ParisTech).

Mes remerciements à Eloïse Gaillou

Musée de Minéralogie MINES ParisTech
musee.mines-paristech.fr

MÉTÉORITES

Le Musée Mines ParisTech nous invite à découvrir en nocturne, pour la nuit européenne des musées, son exposition sur les météorites.

MÉTÉORITES

Le but de cette exposition est de comprendre et d’identifier les cratères d’impacts qui témoignent de l’histoire de notre système solaire, de découvrir et d’apprécier les météorites.

© Eloïse Gaillou / Mines ParisTech Météorite Pallasite d'Esquel Olivines, Fer-Nickel

© Eloïse Gaillou /
Mines ParisTech
Météorite Pallasite d’Esquel
Olivines, Fer-Nickel

MÉTÉORITES

Parmi les nombreuses météorites présentées, on restera songeur devant l’un des plus gros morceaux de la météorite Canyon Diablo. Tombée il y a environ 50.000 ans, elle est à l’origine du Meteor Crater en Arizona.

Météorite "Canyon El Diablo"

Météorite
« Canyon El Diablo » fraction de 226,8 kgrs

Cratère Canyon Diablo © Rockminearlvalley.over-blog

Cratère Canyon Diablo, Arizona
© Rockminearlvalley.over-blog

La coupe de la météorite Canyon Diablo a servi à prouver l’existance de micro-diamants dans le fer météorique.
Extrait des comptes-rendus des séances de l’Académie des Sciences Décembre 1892 : « Sur plusieurs points de ce morceau se trouvaient implantés des grains noirâtres rayant, d’après les expériences de Mr Mallard, le corindon avec facilité et même le diamant ».

MÉTÉORITES

Quelques mots sur les partenaires de cette exposition passionnante, FRIPON (Fireball Recovery and InterPlanetary Observation Network) et Vigie-CIEL qui rassemble des volontaires qui assistent les chercheurs de FRIPON. Il s’agit d’un programme de science participative où les participants oeuvrent sur 3 axes: observer les météores, rechercher des météorites sur le terrain, identifier des cratères.

 Alors, n’oubliez pas de regarder le ciel !

Pluies de Météorites "Perséides" © NASA

Pluies de Météorites « Perséides »
© NASA

Exposition jusqu’au 27 août 2016

Musée de Minéralogie Mines ParisTech
60 boulevard Saint-Michel 75006 Paris
www.musee.mines-paristech.fr

www.FRIPON.org

www.vigie-ciel.org

MÉTÉORITES

À partir du 5 janvier 2016, le Musée de Minéralogie MINES ParisTech présentera aux visiteurs des gemmes des joyaux de la Couronne de France.

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En dépôt dans la collection du musée depuis 1887, topazes, émeraudes, améthystes n’ont pour la plupart jamais été présentées au public depuis 120 ans…

C’est au XVI ème siècle, avec François Ier, que débute l’histoire des joyaux de la Couronne de France. Car le principe d’inaliénabilité n’existait pas. L’inventaire de 1530 précise : » Ce sont les bagues que le roy François Ier de ce nom a donné et donne à ses successeurs à la couronne de France et veut que à chascune mutacion, l’inventaire d’icelles ensemble leur apréciation, poix, paincture, plomp soient vériffiez en leur présence, affin qu’ils baillent leurs lettres patentes obligatoires de les garder à leurs successeurs à la couronne »

Cette collection s’est enrichi notamment avec Louis XIV et passe pour être la plus importante d’Europe.
Après la révolution et de nombreuses péripéties, la collection est presque complètement reconstituée par Napoléon Ier.
En 1887 la troisième république, souhaitant rompre avec la monarchie, réalise leur vente et met fin à cet ensemble unique. Pendant 12 jours des chefs-d’oeuvre de la joaillerie seront dispersés.

L'Univers illustré du 16 avril 1887 " L'exposition publique des joyaux de la Couronne de France"

L’Univers illustré du 16 avril 1887
 » L’exposition publique des joyaux de la Couronne de France »

Seules resteront propriété de la République Française, les pièces déposées au Musée du Louvre, au Muséum National d’Histoire Naturelle et bien sûr au Musée de Minéralogie Mines ParisTech.

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C’est donc dans ce bel écrin qu’est l’Hotel de Vendôme, Musée Mines ParisTech, que nous pourront découvrir ces gemmes historiques.

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Une suite de topazes roses d’environ 148 carats, inventoriées en 1811 parmi les pierres non montées sous le nom de « rubis du Brésil « .

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Des émeraudes de Colombie, dont 34 petites émeraudes de 10,30 carats, l’ensemble faisait partie de la Couronne impériale de Napoléon III conçue par Lemonnier en 1855. Elles ont été achetées sur les fonds de la cassette impériale, avec les 8 grandes émeraudes qui ornaient le bandeau de la couronne, et qui avaient été rendues en 1875 à l’Impératrice Eugénie exilée.

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Des améthystes.

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Elles proviennent d’une parure confectionnée par François-Regnault Nitot, pour l’impératrice Marie-Louise avec 235 améthystes. Louis XVIII les a fait dessertir. La plus grosse est appelée Améthyste de l’Impératrice Marie-Louise.

Cependant deux diamants brillants de 7,10 carats et 5,44 carats manquent au dépôt, livrés par François-Renault Nitot entre 1810 et 1812 à Napoléon Ier, ils ont été dérobés avec d’autres minéraux dans la collection en 1909.

L’exposition du Musée de Minéralogie Mines ParisTech fait ressurgir tout une page de l’histoire de France, à découvrir le 5 janvier 2016.

Musée de Minéralogie MINES Paris Tech
60 boulevard Saint-Michel 75006 Paris
www.musee.mines-paristech.fr

Photos Crédits Musée Mines ParisTech